Tournée de Xi Jinping: Le Sénégal, première étape d’un voyage crucial

En perspective de sa tournée africaine, le président de la République de Chine Xi Jinping est arrivé ce samedi 21 juillet en terre sénégalaise. Accueilli par son homologue, le président Macky Sall, cette visite vient consolider une relation de partenariat privilégié entre le Sénégal et la Chine. La première depuis sa réélection en mars dernier, la troisième depuis son accession au pouvoir en 2013.

Xi Jinping est arrivé ce samedi au Sénégal, puis il ira au Rwanda, avant d’assister au sommet des pays émergents, les Brics, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Avec Dakar notamment, Pékin ne cesse d’approfondir les relations depuis que ce partenaire a lâché Taïwan, en 2005.

Xi Jinping, qualifié de « joueur de poker » par Donald Trump, entame une partie cruciale en Afrique ce samedi. Sur ce continent, la Chine est depuis plus de dix ans le premier partenaire commercial, grâce à ses prêts notamment. Et Pékin entend bien continuer d’avancer ses pions.

Objectif : assoir son emprise sur les ressources naturelles et trouver de nouveaux marchés, écouler ses surcapacités, notamment dans la construction. Pour faciliter le commerce, l’homme fort de Pékin mise sur les Nouvelles Routes de la soie, qui doivent relier l’Asie à l’Europe et à l’Afrique.

Exemple avec le Sénégal, première étape du président Xi. Plusieurs accords de coopération devraient y être signés, vraisemblablement dans le secteur des infrastructures. La Chine finance notamment la construction du plus grand projet routier du pays : une autoroute entre Dakar et Touba, pour un coût de 700 millions d’euros.

Il y a aussi le parc industriel de Diamniadio. Pékin finance plusieurs grands projets du « Plan Sénégal émergent », engagé par Macky Sall, avec à la clé des contrats souvent attribués aux entreprises chinoises. Et ces investissements pourraient encore augmenter avec les récentes découvertes sénégalaises d’hydrocarbures.

Un bon exemple de la méthode chinoise sur le continent africain

Le Sénégal ne fait pas partie des « gros » partenaires de la Chine sur le continent. Les échanges sont bien plus conséquents avec l’Afrique du Sud, la RDC ou le Ghana. Mais Dakar et Pékin tissent depuis 2005, année où Dakar a tourné le dos à Taïwan pour renouer avec la Chine, des liens toujours plus étroits.

Le Sénégal importe d’ailleurs massivement des produits manufacturés de Chine et y exporte ses arachides. Mais les liens vont au-delà du commerce. Le Musée des civilisations noires de Dakar qui devrait être inauguré à la fin de l’année est financé lui aussi par la Chine.

Cette visite, la deuxième d’un président chinois en neuf ans à Dakar, sera d’ailleurs aussi l’occasion d’inaugurer en grande pompe d’une nouvelle arène de lutte, en banlieue de Dakar, construite et financée, là encore, par la Chine.

Mais pour l’heure, Pékin ne se fait pas prier pour remplir le vide laissé par l’Occident, écrit le journal officiel Global Times : « Le président américain Donald Trump traite les nations africaines comme des “pays de merde“, preuve que les élites occidentales ont toujours tendance à discriminer l’Afrique. Alors que la Chine considère le continent comme une terre pleine de promesses. »

Le risque pour l’Afrique : dépendre de plus en plus de la Chine, qui détient une grande partie de sa dette.

C’est vrai que la Chine travaille en Afrique dans le domaine des ressources naturelles, mais aussi dans beaucoup d’autres domaines : dans le domaine de l’industrie, dans le domaine de l’agriculture. Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui beaucoup d’entreprises industrielles ont été créées en Afrique avec les investissements chinois, que ce soit en Ethiopie, au Kenya, au Cameroun… partout en Afrique vous avez des usines qui n’ont rien à voir l’exploitation des ressources naturelles. Sur le plan économique, ce sera gagnant-gagnant parce que la Chine attache toujours beaucoup d’importance à cette coopération basée sur le principe de bénéfice réciproque. Quand ces pays se développent, leur marché se développe. A ce moment-là, il y aura plus de possibilités pour les exportations des produits chinois. En même temps, pour nos propres intérêts, nous avons aussi besoin d’importer des produits manufacturés de la part de l’Afrique, puisque c’est le plus grand marché de consommation dans le monde. C’est ça un cercle vertueux pour la coopération entre les deux pays.

Rwanda, Afrique du Sud : la suite de la visite du président chinois

Le Rwanda, où se rendra le numéro un chinois après la première étape de son voyage au Sénégal, espère toujours que Pékin l’aidera à désenclaver le pays, grâce à une ligne de train entre Mombasa, au Kenya, et Kigali.

Mais le président rwandais Paul Kagame étant le président en exercice de l’Union africaine (UA), il sera surtout question lors de cette deuxième étape du prochain sommet Chine-Afrique, qui aura lieu à Pékin au mois de septembre.

Enfin, à Johannesburg, avec les principales économies émergentes – Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud -, Xi Jinping viendra encore vanter son projet des Nouvelles Routes de la soie. Et le président égyptien devrait être présent.