Une première : le mannequin Halima Aden pose en burkini en couverture d’un grand magazine sportif américain

De l’autre côté de l’Atlantique, loin du tsunami d’indignations qu’il déclenche sur le littoral français, aux heures chaudes de l’été, et de sa criminalisation sur le sable fin, le burkini s’affiche au grand jour sur une mer d’huile.

Finis les arrêtés municipaux liberticides et la chasse aux sorcières honteuse ! A New York, la combinaison aquatique respectueuse de la pudeur musulmane a les honneurs de la couverture de Sports Illustrated, l’un des plus grands magazines sportifs américains.

Et qui mieux qu’Halima Aden, 21 ans, la désormais célèbre mannequin américano-somalienne dont la beauté rayonne sous ses hijabs modernisés, pouvait la mettre en valeur dans un numéro Spécial maillots de bain ?

Habituée à tordre le cou aux préjugés sur tous les podiums où son élégance attire les regards, celle qui fut la première prétendante voilée au diadème de Miss Minnesota en 2016, mais aussi la première femme voilée illuminant la Une de Vogue Arabia, enchaîne les premières qui font date : elle est la première mannequin revêtue d’un burkini à poser pour Sports Illustrated. Une grande première !

« Les filles, tout est possible !!! », s’est exclamée la top model musulmane sur son compte Instagram. « Etre dans “Sports Illustrated” est bien plus grand que moi. C’est un message envoyé à ma communauté et au monde, disant que les femmes de toutes les origines, apparences et éducations peuvent être unies et célébrées ! », exulte-t-elle aujourd’hui, en ayant pleinement conscience qu’au-delà d’être l’icône de la mode dite modeste, sa mise en pleine lumière revêt une dimension hautement symbolique.

« On voit maintenant des politiques, des femmes d’affaires, des journalistes et d’autres femmes portant le hijab dans des rôles visibles, et c’est le message que nous devons envoyer », a confié Halima Aden à la BBC, en se réjouissant que Sports Illustrated ait décidé de « montrer la beauté des femmes qui veulent s’habiller modestement ».

Si, sur les réseaux sociaux, la starisation de Halima Aden et du burkini réinventé, avec une touche très haute couture, n’a pas été du goût de tous les internautes américains, ils ont été toutefois des centaines à complimenter le prestigieux magazine sportif et son égérie voilée. Fait notable, les critiques les plus cinglantes ont émané de certains membres de la communauté musulmane, lesquels ont reproché la « mise en avant excessive » d’Halima Aden et une « dénaturation du sens du hijab ».

En tout cas, force est de constater que les éléments ne se sont pas déchaînés contre la combinaison de bain musulmane et celle qui lui a donné un nouvel éclat.

Morale de l’histoire : il suffit donc de traverser l’océan pour que la vague passionnelle anti-burkini, qui déferle chaque année sur l’Hexagone, perde de son amplitude et, en retombant, révèle l’ubuesque de l’hystérie à la française…

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