UNIVERSITE THIES : « Les étudiants n’ont plus de quoi manger. C’est vraiment honteux dans un pays comme le Sénégal, … »

La Voie de contournement nord (Vcn), un chemin détourné contournant la ville de Thiès sur sa partie nord pour rallier la Rn 3, s’étale à perte de vue. Sur son flanc gauche, juste à hauteur de l’Ecole polytechnique se dresse l’Université de Thiès, en plein cœur du quartier Sapco.

Le site abrite deux unités de formation et de recherches : Les Ufr Sciences économiques et sociales (Ses), Sciences et technologies (Set). Et des chantiers de l’Etat. Sur l’enseigne aux peintures bleu-ciel frappées des couleurs de la patrie sur ses extrémités, on lit «Université de Thiès». Hormis ces détails, rien n’indique à l’étranger qui passe pour la première fois qu’il a en face de lui une université. Les rues sont désertes. Le sable sec. Le temple du savoir étrangement vide.

D’apparence terne, l’Ut n’a rien d’une oasis. Elle semble plutôt afficher une mine désaffectée et inquiète. Loin de la tension qui y règne depuis une semaine, l’ambiance à l’Université de Thiès est glaciale, pas un bruit ne trouble le silence. Un silence de cathédrale enveloppant les deux pavillons qui meublent le décor. «L’ambiance est comme ça parce que nous sommes tenaillés par la faim. Les étudiants n’ont plus de quoi manger. C’est vraiment honteux dans un pays comme le Sénégal, un pays qui aspire à l’émergence», s’étrangle difficilement Sett Touré, membre de la Conférence des présidents d’amicales des étudiants de l’Ut.

Une semaine après la fermeture des restaurants de cet établissement d’enseignement supérieur, les 5 000 étudiants des 4 campus sociaux de l’Ut, qui n’en peuvent plus, ont fini par vider les campus. «Nous sommes chassés par la faim. Depuis une semaine, nous mendions à travers les rues de la ville de Thiès pour acheter quelques petits pots de ‘’fondé’’ (bouillie de mil) la nuit pour se nourrir, en attendant la réouverture des restaurants universitaires fermés pour une dette de plus d’un milliard due par l’Etat aux repreneurs.

Mais depuis, il n’y a aucune avancée dans le dossier. Nous sommes maintenant épuisés d’attendre que la situation se décante. C’est pourquoi nous avons décidé de fermer les campus sociaux et pédagogiques afin de permettre à tous les étudiants de rentrer chez eux pour ne pas mourir de faim parce qu’il y a certains qui habitent jusqu’à Tambacounda, Kidira, et même au-delà», racontent des étudiants qui se disent impuissants face à l’état de siège de la ville de Thiès depuis le début de leur manifestation.

Les Forces de l’ordre sont partout dans la ville. Partout, elles veillent au grain, prenant au sérieux les menaces des étudiants qui ne pouvaient rien faire d’autre que se plier. «Nous rappelons que l’Ucad et l’Ugb ont subi le même sort et elles ont été payées depuis le 14 mai. Et nous, nous sommes là à revendiquer un droit qui est des plus élémentaires : la restauration. Nous disons que les responsabilités sont partagées entre l’Etat et le Crous-T qui est très mal géré par un politicien qui ne se soucie que de sa personne et de l’aisance de ses courtisans», dit-il.

 

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