Veille de match : Le Sénégal, malade de sa politique sportive !

Si le Sénégal n’était pas malade de sa politique sportive, en termes d’infrastructures surtout, peut-être qu’on ne serait pas amené à jouer un match de football au stade de Thiès par défaut. Au lieu d’un choix délibéré de décentraliser le football en optant un stade autre que ceux de Dakar, il faut voir dans cette décision une mesure bouche-trou. Au vu de ce que le pays compte comme infrastructures sportives, footballistiques particulièrement, le Sénégal n’est absolument pas prêt pour être un géant de l’Afrique.

En sports, résultats riment forcément avec infrastructures. Mais tant qu’ils ne l’auront pas compris ainsi, les amateurs et supporteurs se rongeront toujours le sang en faisant le parallèle entre les rendements de Sadio Mané en club et en équipe nationale. Si le meneur de l’équipe nationale brille au Liverpool au point de s’attirer tous les regards des grands clubs, c’est d’abord et avant tout grâce à l’énorme potentiel infrastructurel dont dispose son club.

En vérité, la différence de performance entre Sadio de Liverpool et Mané du Sénégal est la symétrie même de l’énorme différence infrastructurelle entre son club et son pays. En vérité, il n’y a aucune explication qui puisse valoir si ce n’est que nos joueurs de l’équipe nationale ne sont jamais dans les conditions idoines pour nous décrocher des titres.

Combien de stades compte le Sénégal et combien remplissent les normes FIFA ? Le sport est véritablement le parent pauvre du Plan Sénégal Emergent (PSE) car victime d’amateurisme et d’absence de vision. Prenons le cas par exemple de la très controversée Arène nationale. Des milliards injectés à l’aveuglette, même si l’infrastructure en question est un don de la Chine.

Toute une fortune dépassée dans la construction de ce joyau pour les lutteurs qui finissent tout de même par refuser de s’y affronter parce que le lieu est trop petit à leurs yeux. La construction de l’Arène nationale, qui devait libérer de l’espace pour le football, est tout simplement la plus grande preuve de l’échec de la politique sportive de notre pays. Aujourd’hui plus que jamais, les lutteurs jouent aux coudes avec les footballeurs et parviennent parfois à imposer leur diktat ; ainsi des matchs sont parfois reportés pour simplement faire plaisir aux acteurs de la lutte, « notre sport national ».

A part le stade Léopold Sédar Senghor qui a attendu longtemps avant d’être réfectionné, malgré son état de délabrement avancé, le Sénégal ne dispose pas d’un deuxième stade qui puisse accueillir des matchs internationaux. On se rappelle le douloureux épisode né de l’élimination du Sénégal par la Côte d’ Ivoire le 13 octobre 2013 quand notre pays était interdit de jouer au seul stade règlementaire qu’il possède.

Le comble de l’humiliation, c’est quand notre équipe de football s’était vu condamné à aller jouer au MarocAu sortir de ces évènements donc, les autorités devraient faire un diagnostic profond de la situation de nos stades avant d’envisager des campagnes africaines ou même mondiales. Si notre équipe de football qui dispose d’énormes talents présents dans tous les grands championnats du monde n’a encore gagné aucun trophée, il faut vraiment indexer cette gestion tâtonneuse dont elle est victime.

Ce manque d’infrastructures de football ne fait pas du tort qu’à Sadio Mané et compagnie, il met aussi les clubs nationaux dans des situations difficiles. Pourquoi s’offusquer quand nos représentants en Ligue des Champions africaines ou en Coupe de la CAF sont éliminés prématurément ? Tout le monde est d’avis que ces équipes produisent un jeu enviable, mais en revanche manque de tout.

Non seulement leurs finances ne sont pas comparables aux équipes qu’elles rencontrent mais aussi leurs aires de jeux diffèrent à tous points. Si aujourd’hui donc on en arrive à jouer à Thiès dans un stade pour lequel on n’avait pas encore obtenu l’homologation il y a une semaine, on doit tout simplement arrêter d’exiger des résultats de nos vaillants joueurs.

D’ailleurs, le stade Lat Dior de Thiès n’est même pas dans les meilleures dispositions pour accueillir ce match bien qu’elle ait fait peau neuve pour la circonstance. Justement notre sport a besoin de solutions structurelles et définitives en lieu et place de mesures bouche-trous circonstancielles.

C’est en y parvenant qu’on pourra mettre fin à ce cycle d’échecs en longueur de décennies. Car si Mouhamed Salah est toujours devant Sadio Mané dans les nominations, c’est surtout dû à leurs différentes performances en équipe nationale. L’Egypte va accueillir son énième coupe d’Afrique cet été même pendant que le Sénégal se cherche des stades pour sauver la face.

Source : Ababacar Gaye / Senenews

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