VIDEO – Le scandale Odebrecht fait trembler toute l’Amérique latine

Le scandale de corruption autour de l'entreprise de BTP brésilienne Odebrecht éclabousse l'ensemble de l'Amérique latine. Si le président du Pérou a sauvé sa tête jeudi, l'affaire touche les cercles de pouvoir de toute la région.

Odebrecht : un nom qui aura fait trembler l’Amérique latine en 2017. Le scandale de corruption autour du géant brésilien du BTP a touché la quasi-totalité du continent et, jeudi 21 décembre, c’était au tour du président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski (PPK), d’en faire les frais. Il a fait face à une procédure de destitution en raison de ses liens avec l’entreprise. Si PPK est parvenu à sauver sa tête pour le moment, l’affaire Odebrecht a d’ores et déjà emporté plus d’un politicien dans la région.

Le scandale éclate en décembre 2015 quand plusieurs cadres du groupe ont confessé devant la justice avoir financé des campagnes électorales à travers tout le continent, propulsant des carrières politiques en échange de juteux contrats de marchés publics. Au total, près de 788 millions de dollars auraient été versés entre 2001 et 2016 dans 12 pays : le Brésil, l’Argentine, la Colombie, la République dominicaine, l’Équateur, le Guatemala, le Mexique, le Panama, le Pérou, le Venezuela. Deux pays africains sont également concernés : l’Angola et le Mozambique.

Depuis ces révélations fracassantes, les enquêtes pleuvent et les condamnations se multiplient.

Brésil : les racines du scandale

Marcelo Odebrecht, PDG de l’entreprise familiale de BTP et de telecoms au cœur du scandale, a été condamné à 19 ans de prison en avril 2017. Mardi 19 décembre, il a quitté la prison pour passer en résidence surveillée, une récompense pour sa collaboration avec la justice.

Son entreprise, qui compte parmi les cinq plus grosses du continent, organisait la corruption à un niveau institutionnel. Elle y avait même dédié un département : le “secteur des opérations structurées” que les policiers ont vite rebaptisé “département des pots-de-vin”.

Rien qu’au Brésil, les déclarations de Marcelo Odebrecht ont permis d’enquêter sur huit ministres de l’actuel président, le conservateur Michel Temer, un tiers du Sénat et une quarantaine de députés.

Autre “victime” d’Odebrecht, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) qui a déjà écopé de neuf ans et demi de prison. Si l’ancien président progressiste a fait appel, ces accusations de corruption risquent cependant de parasiter sa campagne pour la présidentielle de 2018, dont il est le grand favori.

Pérou : PPK vers la sortie

Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski (PPK) a affronté son Parlement jeudi 21 décembre pour répondre des accusations de corruption dans le cadre du scandale Odebrecht. Avec le Parlement aux mains de l’opposition, il risquait fort de devenir le premier président destitué dans le cadre du scandale.

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