VIDEO – Mahmoud Abbas annonce rompre «toutes les relations» avec Israël et les États-Unis

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé samedi, rompre “toutes les relations”, y compris sécuritaires, avec Israël et les États-Unis peu avant que la Ligue arabe annonce son rejet du plan de paix de Donald Trump.

«Je n’accepte pas l’annexion de Jérusalem à Israël. Je ne veux pas rentrer dans l’histoire comme celui qui a vendu Jérusalem». Mahmoud Abbas a réitéré samedi au Caire lors d’une réunion extraordinaire de la Ligue arabe son refus du plan Trump. Le président de l’Autorité palestinienne (AP) a aussi annoncé qu’il rompait toute relation, y compris sécuritaire, avec Israël et les États-Unis. S’il se confirme, ce retrait pourrait avoir des conséquences sur la stabilité de la Cisjordanie où la population palestinienne cohabite avec plus de 400.000 colons. Ils sont installés dans des implantations juives considérées comme illégales par le droit international mais qui pourraient être annexées par Israël.

Mahmoud Abbas précise avoir prévenu Israéliens et Américains par lettres. L’une adressée à Benyamin Nétanyahou, et l’autre à Gina Haspel, la directrice de la CIA. Les accords sécuritaires consistent en des échanges d’informations entre les services palestiniens et israéliens. Ils ont permis de déjouer des dizaines d’attentats. Ils servent également, grâce à un système d’alerte, d’éviter des accrochages avec les forces palestiniennes lorsque l’armée israélienne pénètre dans les secteurs de l’Autorité palestinienne afin de pourchasser des personnes recherchées. L’AP trouve son compte dans ce modus vivendi qui réduit la capacité de nuisance de ses rivaux, les activistes du Hamas et du Djihad islamique. Les États-Unis parachèvent la solidité du maillage en finançant les forces de sécurité palestiniennes, à la faveur d’une aide de 180 millions de dollars accordée par le Congrès américain. Ce soutien financier est le seul qui a survécu à la fin de la coopération américano-palestinienne après la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem en tant que capitale d’Israël en avril 2018.

Ce n’est pas la première fois que Mahmoud Abbas suspend ou menace de suspendre la coordination sécuritaire. Il avait rompu les ponts en juillet 2017 avant de les rétablir un an plus tard. Durant cette période de gel officiel, elle avait été en réalité maintenue dans les faits. Jeudi, après le dévoilement du plan Trump à Washington, Gina Haspel, la directrice de la CIA, s’est rendue, selon la radio publique israélienne, à Ramallah pour prendre les devants. Elle s’est entretenue avec Majed Farage, le chef du renseignement palestinien. Mahmoud Abbas entretient, pour sa part, des liens étroits avec Nadav Argaman, le patron du Shin Bet, le service de sécurité intérieur israélien. Ce dernier va même jusqu’à l’informer des «complots» que pourrait monter contre lui son propre entourage.

Depuis le dévoilement de l’initiative américaine, des tirs de mortier en provenance de la bande de Gaza visent dans le sud du pays le territoire israélien

Au Caire, Mahmoud Abbas a confirmé qu’il bloquait les appels téléphoniques de Donald Trump et refusait ses courriers. Pour lui, «c’est comme si je venais de la Lune», a déclaré le président de l’AP. «Il voulait m’envoyer le plan pour que je le lise. J’ai refusé». Alors que plusieurs pays arabes – la plupart des États du Golfe, l’Égypte, le Maroc notamment – ont accueilli avec une grande prudence le plan, la Ligue arabe a rejeté l’offre de la Maison Blanche.

Le gouvernement israélien n’a pas réagi à la rupture des accords sécuritaires mais il a annulé la réunion prévue ce dimanche qui devait être consacrée à l’approbation de l’élargissement de la souveraineté israélienne dans la vallée du Jourdain et dans les colonies de Cisjordanie. Des appels à la retenue venue de la Maison-Blanche sont à l’origine du report. À Tel Aviv, des milliers de manifestants issus de mouvements de gauche et de partis arabes ont défilé dans les rues pour marquer leur opposition au plan Trump.

Depuis le dévoilement de l’initiative américaine, des tirs de mortier en provenance de la bande de Gaza visent dans le sud du pays le territoire israélien. L’aviation israélienne riposte par des bombardements ciblés sur des positions militaires du Hamas et du Djihad islamique.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom