VIDEO – Sarkozy après sa mise en examen : “La politique, c’est fini”

Mis en examen la veille, l’ancien chef de l’état, Sarkozy, s’est dit victime de "l’ignominie" de la "bande de Kadhafi" et de Mediapart sur le plateau de TF1 hier soir.

Je dois aux Français la vérité: je n’ai jamais trahi leur confiance”, a déclaré hier au journal de 20h Nicolas Sarkozy qui, ulcéré, a témoigné de “la profondeur de (son) indignation”“Je suis accusé par des proches d’un dictateur” dont “nous avons détruit le régime de terreur” en 2011, a dit Nicolas Sarkozy pour qui “il n’y a pas le plus petit élément, il n’y a pas le moindre élément d’une preuve” contre lui dans ce dossier.

Il n’a pas eu de mots assez durs pour les “monstruosités” proférées par Kadhafi et “sa bande”, “des assassins, des criminels, des délinquants”, pour le “sinistre”intermédiaire franco-libanais Ziad Takkiedine – qu’il a cependant indiqué avoir rencontré deux fois – ainsi que pour le site d’informations Mediapart et son patron Edwy Plenel.

“La politique, c’est fini”

“Je pourfendrai cette bande, je ferai triompher mon honneur”, même si cela doit prendre “un an, cinq ans, dix ans”. “C’est la France, c’est la fonction” de chef de l’État qui est attaquée, a-t-il lancé. “La politique, c’est fini”, a par ailleurs ajouté l’ancien président de la République, s’exprimant pour la première fois de manière aussi catégorique sur le sujet, depuis son échec à la primaire de la droite fin 2016.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen mercredi soir pour “corruption passive”, “financement illégal de campagne électorale” et “recel de détournement de fonds publics libyens” dans cette enquête ouverte en 2013.

Devant le magistrat instructeur Serge Tournaire, au terme de deux jours de garde à vue, l’ancien président avait vainement plaidé pour être placé sous le statut de témoin assisté, jugeant que les “indices graves et concordants (…) n’existaient pas”.

Interdit de rencontrer neuf personnes

Dans le cadre de son contrôle judiciaire, il n’a pas le droit de rencontrer neuf protagonistes de cette affaire dont deux très proches, ses anciens ministre Claude Guéant et Brice Hortefeux. Il ne peut non plus se rendre en Libye, en Égypte, en Tunisie et en Afrique du Sud, selon une source proche du dossier.

Dans un propos liminaire publié hier par le Figaro, il avait expliqué vivre “l’enfer de la calomnie” depuis 2011, année des premières accusations lancées par le fils de Kadhafi, Saïf al-Islam.

Il avait aussi jugé avoir “déjà beaucoup payé pour cette affaire” sur le plan politique, avec la publication d’un document par Médiapart entre les deux tours de la présidentielle perdue face à François Hollande en 2012, puis avec les nouvelles accusations de Ziad Takkiedine en 2016, juste avant le premier tour de la primaire de la droite lors de laquelle il avait tenté son retour.

En avril 2012, Mediapart avait publié entre les deux tours de la présidentielle un document libyen accréditant un financement d’environ 50M€, dont Nicolas Sarkozy et ses soutiens ont constamment affirmé qu’il s’agissait d’un faux.

Sa mise en examen dans le dossier libyen marque une vraie accélération dans cette affaire instruite par des magistrats du pôle financier depuis près de cinq ans.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom