VIDEO – Tariq Ramadan accusé de violences sexuelles sur deux femmes

Tariq Ramadan mis en examen pour le viol de deux autres femmes, au terme de son interrogatoire cet après-midi – Ces deux femmes ont été identifiées grâce à des photos retrouvées sur l’ordinateur de l’islamologue.

Tariq Ramadan a été mis en examen pour le viol de deux autres femmes, identifiées l’an dernier par l’enquête, au terme de son interrogatoire au tribunal de Paris, a indiqué son avocat. Ces deux femmes, interrogées comme témoin par les policiers en février 2019, ont été identifiées sur des photos retrouvées dans l’ordinateur de l’islamologue suisse de 57 ans, qui conteste toutes les accusations. Il était déjà mis en examen pour deux viols depuis le 2 février 2018.

Ces deux femmes, interrogées comme témoins par les policiers en février 2019, ont été identifiées sur des photos retrouvées dans l’ordinateur de l’islamologue suisse, qui conteste toutes les accusations. Après une première convocation en janvier Tariq Ramadan était arrivé peu avant 9h30 au tribunal de Paris, en compagnie de sa femme et de son avocat, sans faire de déclarations. Il était convoqué le 23 janvier, mais il avait fait ce jour-là un malaise au rez-de-chaussée du tribunal et l’audition avait été annulée.

« Il a une telle emprise sur vous qu’on fait tout ce qu’il nous demande »

L’une d’entre elles, âgée de 37 ans, a toutefois fini par porter plainte et s’est constituée partie civile, au début de l’année. Face aux enquêteurs, elle avait évoqué une relation « toxique », mais parlé d’un rapport sexuel « consenti »« ce dimanche de mars 2016 » où elle a vu Tariq Ramadan, à l’hôtel Crowne Plaza de la place de la République, à Paris. Dans une chambre de l’établissement avait eu lieu, selon ses mots, une « relation sexuelle brutale » avec l’islamologue. « Vous me demandez si, devant ces “violences”, je manifeste une désapprobation ou au contraire une satisfaction : je ne dis rien. Ce qui l’excite, ce sont les femmes qui ne veulent pas. » Elle gardera d’ailleurs contact avec lui dans un premier temps, se disant « très amoureuse de lui ». « C’est d’un autre ordre que le viol physique, cela va au-delà, il y a de l’emprise. Il y a un viol moral. Il a une telle emprise sur vous qu’on fait tout ce qu’il nous demande, on n’est plus maître de notre personne. Mais cette relation physique a été consentie. Il faudrait une autre infraction pour ce genre de personne. »

L’autre femme, elle, n’a pas porté plainte. Aux policiers, elle avait décrit deux rencontres, à la fin de l’année 2015, lors desquelles elle affirme avoir été giflée, insultée, et contrainte à certains actes sexuels violents. « Cela ne me plaisait pas mais j’ai fait ce qu’il demandait pour que cela s’arrête, j’étais prise dans quelque chose qui me dépassait », avait-elle déclaré aux policiers, au début de 2019.

Après plus de deux ans d’enquête, M. Ramadan est visé par cinq plaintes en France. Mais toutes ne lui ont pas valu une mise en examen. Il a été entendu sous le statut de témoin assisté concernant la troisième plainte ; la quatrième plaignante, surnommé « Elvira » dans la presse, ne s’est pas rendue aux convocations de la justice et son récit a été contredit par les investigations. Me Marsigny a dénoncé jeudi la décision des magistrats, nouveau coup dur pour son client : « Il vient d’être de nouveau mis en examen alors que la première femme visée a elle-même déclaré que les relations avaient été “consenties” et que l’autre femme ne s’est jamais plainte de leurs deux rencontres. »

Une expertise, confiée au psychiatre Daniel Zagury, devra dans les prochaines semaines se prononcer sur la notion d’emprise de l’islamologue sur ses accusatrices.

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom