mardi, 19 novembre, 2019

VIDÉO – Un accident de TER avec un camion a provoqué une grève générale à la SNCF

Des conducteurs de train ont exercé leur droit de retrait dans toute la France, après une collision entre un train express régional (TER) et un convoi exceptionnel. Un mouvement qui cristallise le mécontentement des cheminots au moment de la réforme des retraites et de la fin de leur statut spécifique.

La théorie des dominos appliquée à la SNCF. Mercredi, dans l’après-midi, un train express régional (TER) heurte un convoi exceptionnel à Saint-Pierre-sur-Vence, dans les Ardennes. La collision a lieu à un passage à niveau avec un poids lourd transportant un gros engin agricole et n’aurait jamais dû emprunter cette voie. Après le choc et selon des sources syndicales, le conducteur blessé à la cheville, s’est employé à éviter un suraccident. Il est remonté le long de la voie, pour prévenir un autre train arrivant en sens inverse. La radio permettant de lancer une alerte avait été endommagée par la collision. Il doit se résoudre à laisser les passagers dans le train, parmi lesquels 18 blessés légers…

Moins de quarante-huit heures plus tard des conducteurs du réseau TER, mais aussi du RER et du TGV, ont mis en œuvre vendredi leur droit de retrait en estimant qu’ils sont confrontés «à un danger grave et imminent». Ce que conteste le directeur délégué de la branche TER, Franck Lacroix, qui considère qu’il s’agit là «d’une grève inopinée ne respectant pas le délai de déclaration de quarante-huit heures prévu par la loi Diard». Les syndicats de cheminots dénoncent eux le fait que les conducteurs soient seuls dans le poste de conduite en cas d’accident : «Cela fait des années, que le dispositif avec un seul agent à bord est de rigueur, nous nous y étions opposés dès sa mise en œuvre», précise Fabien Dumas, secrétaire fédéral du syndicat SUD-Rail.

Confrontée à une désorganisation importante du trafic (un train sur trois en région, RER B et D très perturbés en Ile-de-France, 20 rames supprimées sur la ligne TGV Sud-Est) qui a provoqué une belle pagaille, la direction de la SNCF a visiblement voulu jouer la conciliation en ouvrant des négociations immédiates. Ce vendredi matin dès 7h30 une première réunion s’est tenue au siège de la SNCF. Et cet après-midi le directeur de la sécurité et celui des ressources humaines, absents de Paris, sont rentrés dare-dare pour gérer la situation.

Message au futur PDG

Reste que ce mouvement social est aussi le révélateur d’une situation plutôt tendue ces dernières semaines au sein de l’entreprise publique. Selon la direction, les agressions verbales à l’égard des cheminots ont augmenté de 15% depuis le début de l’année. S’y ajoute la fin programmée, au 31 décembre, du statut spécifique des cheminots et notamment de leur régime de retraite. «Une double peine», selon Fabien Dumas du syndicat SUD-Rail. Enfin, la SNCF sera dirigée à partir du 1er novembre, par un nouveau patron, Jean-Pierre Farandou, qui va succéder à Guillaume Pepy. Il n’est pas à exclure que la mobilisation d’aujourd’hui soit également un message qui lui est adressé.

Quoi qu’il en soit, la direction de la SNCF a, semble-t-il, entendu le signal. Elle s’emploie d’ailleurs à déminer un futur sujet de conflit supplémentaire. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du rail, une nouvelle procédure de départ des trains en gare qui ferait intervenir un opérateur extérieur à la SNCF doit normalement entrer en vigueur le 15 décembre. Soucieux de réchauffer le climat social, l’encadrement a déjà annoncé que la date pourrait être reportée.

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