« Les incidences de la pandémie de Covid-19, principalement la perte de revenus, jouent fortement sur les niveaux mondiaux d’insécurité alimentaire », relève le rapport trimestriel « perspectives de récoltes et situation alimentaire » qui annonce que la production céréalière totale des 51 pays à faible revenu et à déficit vivrier devrait progresser cette année pour s’établir à 496,3 millions de tonnes, grâce aux volumes considérables produits en Afrique australe et en Extrême-Orient.
Il s’agit d’une légère hausse d’environ 7% de plus que la moyenne des cinq dernières années. Cependant, les besoins d’importations de céréales devraient atteindre 73,9 millions de tonnes pendant la campagne de commercialisation 2020-2021, une hausse principalement due aux besoins accrus des pays d’Afrique subsaharienne.
De ce fait, la pandémie aggrave « des situations déjà précaires causées par les conflits, les ravageurs et les chocs climatiques », notamment les ouragans qui ont récemment frappé l’Amérique centrale et les inondations qui ont touché l’Afrique.
Dans le même temps, le rapport souligne un autre paradoxe des phénomènes climatiques. Selon la Fao, le phénomène La Niña accentue le risque que la pluviométrie soit supérieure à la moyenne en Afrique australe et en Asie de l’Est. Dans le même temps, les précipitations devraient être plus faibles dans certaines régions du Proche-Orient et d’Afrique de l’Est. Ce qui pourrait causer des chocs de production. « Les années de chaleur record ont généralement coïncidé avec un fort épisode El Niño, comme ce fut le cas en 2016. La Niña a tendance à refroidir les températures mondiales, mais l’anomalie apparue cette année n’a pas suffi à freiner le réchauffement », a observé mercredi, le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (Omm), Petteri Taalas. « Malgré cette anomalie, on enregistre déjà cette année une chaleur quasi record, comparable au précédent record de 2016 », a-t-il relevé lors de la présentation du rapport de l’Onu sur l’état du climat mondial.
Parmi les 45 pays ayant besoin d’une aide alimentaire extérieure, il y a l’Afghanistan, le Bangladesh, Haïti, l’Iraq, le Liban, le Myanmar, le Pakistan, la République populaire démocratique de Corée, la Syrie, le Venezuela, le Yémen. Sur la trentaine de pays africains ayant besoin de cette assistance extérieure, la Fao cite : le Burkina Faso, le Burundi, Cabo Verde, le Cameroun, le Congo, Djibouti, l’Érythrée, l’Eswatini, l’Éthiopie, la Guinée, le Kenya, le Lesotho, le Libéria, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigéria, l’Ouganda, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République-Unie de Tanzanie, le Sénégal, la Sierra Leone, le Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tchad, la Zambie et le Zimbabwe.
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