Sénégal : A ce jour, plus de 500 agents de l’ISRA n’ont pas encore perçu leur salaire du mois Novembre : Macky interpellé

Les 500 agents de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) vivent actuellement le cauchemar. En effet, à ce jour 12 Décembre, ils n’ont pas encore perçu leur salaire au moment où tous les autres services du ministère de l’Agriculture, dirigé par Moussa Baldé, ont été payés depuis le 27 Novembre passé. 

Cette situation récurrente de retard constatés sur les salaires, dure depuis deux ans maintenant et a désormais atteint son paroxysme. En effet, à ce jour 12 décembre, les agents n’ont rien perçu. L’intersyndical composé du SARAA, du SYNTRA et du SYRESTA, interpelle le Président Macky Sall. Après avoir rencontré le Directeur Général qui vient d’être nommé récemment sans succès, les syndicalistes ont décidé d’adresser une lettre ouverte au Président de la République pour une solution définitive au calvaire que vit leur institution.

Voici en intégralité le contenu de cette lettre ouverte :  

Une injustice qui doit être dénoncée : retard récurrent des salaires à l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles !

Monsieur le Président de la République, l’intersyndical de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), après sa première lettre ouverte en novembre 2018 restée sans suite, revient pour partager sur la difficile situation de ce maillon important de la chaine de valeur agricole du Sénégal. En effet, Monsieur le Président de la République, est-il encore nécessaire de rappeler le rôle de l’ISRA, que vous avez maintes fois félicité, pour ses résultats dans le développement de l’agriculture sénégalaise au sens large, particulièrement dans l’intensification des productions agricoles pour une atteinte de la souveraineté alimentaire.

Cet institut, qui, pour le financement de recherches contribuant au PSE, se rabat sur diverses conventions, négociées par les chercheurs, au gré des priorités des bailleurs, se « substituant » ainsi à l’Etat avec beaucoup de peines, continue à disposer depuis plus d’une décennie d’un faible budget annuel de 4,5 milliards. Pire, ce faible budget qui permet à peine de faire face aux charges de fonctionnement (45%), n’a pas empêché les nombreuses ponctions depuis 2017 (1. 475. 000. 000 FCFA) jusqu’à la dernière en 2020 (400. 000. 000 FCFA) qui ont fini par plomber le règlement des salaires à temps, ainsi que d’autres charges de fonctionnement (prise en charge sanitaire, électricité, eau, téléphone, les charges fiscales et sociales, etc.) depuis plusieurs mois.

Monsieur le Président de la République, lors du conseil des ministres du mercredi 25 novembre 2020, vous avez choisi un nouveau Directeur général dont les compétences et l’engagement pour l’institut sont largement partagés par le personnel. Nous vous en sommes reconnaissants car cela dénote de votre volonté de faire de l’ISRA un institut de recherche de pointe, au service du développement agricole de notre Sénégal. Cette volonté est également partagée par notre ministre de tutelle Pr Baldé qui est resté sensible à la situation de l’ISRA depuis son arrivée en proposant des assises, en plus du nouveau DG.

Toutefois, Monsieur le Président de la République, l’intersyndical est d’avis que, pour permettre au nouveau DG d’amorcer avec efficacité le virage de la performance, l’ISRA doit être mieux accompagné par l’Etat. En effet, Monsieur le Président de la République, la difficile situation budgétaire de l’ISRA ne facilite pas à son Directeur général, malgré toute la bonne volonté et l’envie de rehausser le blason de la recherche agricole, la réussite de sa mission. Ainsi, l’espoir suscité auprès du personnel par le choix du nouveau DG, risque de s’effriter au vu des retards de salaires (pas encore perçus à la date du 12 décembre !) avec son corollaire de conséquences sociales (renvoi des enfants de l’école, coupure de l’eau, du téléphone et de l’électricité…), à la non prise en charge médicale du personnel et de leurs familles

Pourtant, Monsieur le Président de la République, la pandémie de la COVID19 vient de nous adresser une leçon universelle qui est de renforcer notre autonomisation pour la sécurité alimentaire. C’est le moment de renforcer la recherche agricole publique pour la promotion d’innovations découlant sur des systèmes alimentaires agro-écologiques et résilients.

Pour ce faire, Monsieur le Président, structurellement, le budget de l’ISRA, plafonné à 4. 500. 000. 000 FCFA depuis plus d’une décennie, doit être substantiellement revu à la hausse pour lui permettre de faire face à toutes ses missions dans la recherche agricole. En effet, ses moyens réduits sont à la base de son faible effectif (composé uniquement d’une centaine de chercheurs), à l’impossibilité de prendre correctement en charge des pans importants comme la recherche stratégique publique, surtout dans certaines zones du Sénégal. Cette difficulté se manifeste davantage avec la lente agonie de plusieurs centres de l’ISRA situés à l’intérieur du pays qui ne favorise pas l’accompagnement de la territorialisation des politiques publiques par la recherche agricole. À terme, c’est l’atteinte des objectifs de la sécurité alimentaire qui est foncièrement remise en cause.

Pour ce faire, également, les ponctions du budget de l’ISRA doivent cesser. Ce budget, faut-il le répéter, est majoritairement constitué de financements de bailleurs qui ne prennent pas en charge les salaires des chercheurs. Toute ponction serait, ainsi ressenti sur les salaires du personnel, le fonctionnement de manière général.

Ainsi, Monsieur le Président, les travailleurs de l’ISRA, d’une seule voix, se tournent à nouveau vers vous en dernier recours au regard des enjeux et en prévision des conséquences sur notre agriculture et le développement de notre pays, pour réclamer la sécurisation de nos salaires et l’augmentation substantielle de la part de l’État dans le budget de l’ISRA pour une meilleure prise en charge des besoins stratégiques et de veille dans toutes les productions agricoles au sens large.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom