Abdoul Mbaye dénonce

L’autosuffisance en riz du Sénégal tant chantée par le pouvoir en place, n’a pas été atteinte en 2017 comme promis. Ce que le président de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) qualifie de «gros mensonge».

«Nous avions dénoncé en son temps comme un projet irréalisable l’atteinte en deux ans de l’autosuffisance en riz du Sénégal annoncée pour 2017. Après cette annonce, les statistiques des productions locales se sont toutefois miraculeusement envolées», écrit Abdoul Mbaye dans un communiqué parvenu à la rédaction de Seneweb.

 A l’en croire, «la dure réalité des importations de riz a démenti l’autosuffisance en riz pour 2017. Alors vient un autre gros mensonge, celui d’une autosuffisance en riz arrivant à point nommé une année d’élection présidentielle, soit dans 2 ans, en 2019. Grâce à d’exceptionnelles statistiques gouvernementales, c’est d’ailleurs toute la production agricole du Sénégal qui s’envole vers des cimes jamais atteintes en raison de rendements doublant ou triplant. On oublie par contre de nous dire comment ces évolutions ont été, sont ou seront possibles».

«Lorsque les techniques culturales n’ont pas bougé, que les consommations de semences ou d’engrais n’ont pas varié et que la pluviométrie est restée insuffisante, il ne reste plus aux grands savants de l’agriculture sénégalaise qu’à invoquer l’intervention singulière de Papa Noël en cette fin d’année», raille le leader de l’Act.

Et d’ajouter : «Le miracle n’est pas dans ce nord-est et d’autres régions du pays où ils souffrent de famine. Il n’y a plus que le Fmi et la Banque mondiale pour y croire, car c’est le prix de la pré-émergence décrétée et validée. La pauvreté et la faim de nos compatriotes sont choses trop sérieuses pour que se poursuivent ces plaisanteries de mauvais goût».

By Didier Bureau

Didier Bureau, natif de Nantes et docteur en lettres modernes de la Sorbonne, a enseigné la littérature française pendant vingt‑cinq ans au lycée Victor Hugo de La Rochelle. Depuis 2018, il exerce comme journaliste culturel — collaborant avec Ouest‑France, Sud Ouest et La Nouvelle Revue Française — et a publié en 2020 son recueil d’essais salué « Regards obliques sur la modernité ». Auteur du blog littéraire « Les Marges du Texte » (15 000 abonnés), il partage aujourd’hui son temps entre La Rochelle et le Marais poitevin, où il prépare une enquête sur les bibliothèques privées de l’ouest français.

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