A peine lancé, Air Sénégal SA traîne déjà un scandale de 150 millards CFA

L’Etat du Sénégal a pris le Fonsis et le Ministère des Finances à qui il a donné mandat pour le choix de sociétés qui sont au Sénégal pour qu’ensemble, elles puissent trouver 230 millions de dollars, soit 150 milliards de Fcfa pour l’achat de deux avions neufs pour Air Sénégal SA.

Il y a eu par la suite accord entre Fonsis, le Ministère des Finances et un consortium composé de Sénégalais. On a tous salué cela. Des contrats ont été faits avec l’accompagnement de banques et tout a fonctionné à merveille.

Mais, au moment d’acheter les avions, on s’est réveillé pour se rendre compte que l’accord ainsi signé entre l’Etat et des hommes d’affaires sénégalais a été rompu. On leur dit que leur apport n’est plus nécessaire pour l’achat de ces avions.

Ainsi, l’Etat a préféré désigner Philipe Bohn, en sa qualité de Directeur général d’Air Sénégal SA, pour le choix de celui qui doit acheter les avions. Et ce qui est inacceptable, c’est que c’est une société française du nom de Lazare qui a été choisie pour rassembler les fonds pour l’achat de ces deux avions.

On a ainsi écarté des Sénégalais au profit d’une société française. Nous connaissons par ailleurs les connexions entre Bohn et Sarkozy, ceux existant entre Lazare et Macron.
Nous attendons de voir ce que l’Etat compte faire pour faire prévaloir la préférence nationale ou ne serait-ce qu’admettre ce que l’on appelle une concurrence loyale entre hommes d’affaires. En tout état de cause, si le contrat avec des hommes d’affaires sénégalais est ainsi suspendu, l’Etat s’expose à des poursuites judiciaires qui pourraient lui coûter au moins 50 milliards de nos francs.

Aujourd’hui, cette affaire fait débat dans les hautes sphères de l’Etat. On se demande pourquoi un tel contrat a été annulé au profit de la société Lazare et qu’est-ce que le Sénégal y gagne ?

S’il s’agit encore d’une autre forme de diktat imposé de l’extérieur, ce serait bien dommage pour notre secteur privé national qui a besoin d’une complicité de l’Etat, pour ne pas dire une préférence pour son éclosion.

Georges Emmanuel Ndiaye