La hausse unilatérale du prix du riz de la vallée fait jaser

La réunion tenue le 21 juin dernier à Ndiaye dans le Waalo risque de compromettre les efforts du Président Macky Sall dans sa politique de promotion du riz local, communément appelé riz de la vallée. En clair, le comité interprofessionnel et les producteurs ont décidé de la hausse du prix du kilogramme de 125 à 130 FCfa. Une décision qui va se répercuter sur le panier de la ménagère.

Ceux qui s’activent dans la production du riz local bénéficient d’un grand soutien de la part des autorités étatiques. L’Etat fait des efforts considérables à coups de plusieurs milliards de francs Cfa dans la production du riz local, avec des subventions sur les aménagements, les intrants, les tracteurs, les moissonneuses batteuses, etc. Ce, pour renforcer la compétitivité du produit qui commence à gagner des parts de marché. Bizarrement, les producteurs de la Vallée augmentent constamment le prix du paddy, sans aucune justification économique. Ils ont convenu encore d’une nouvelle hausse, sans se soucier des conséquences pour le consommateur, l’avenir de la filière et la logique économique. Motif ? Nous sommes en période électorale. Et, disent-ils, «l’Etat ne peut se permettre de les rappeler à l’ordre, sous peine de sanctions aux élections». Le contexte est plus que favorable pour régler leurs arriérées et créances bancaires. «Dans une année décrétée sociale par le Président Sall, une telle décision fait désordre», confie-t-on chez des riziculteurs.

Selon une étude de l’Union européenne commanditée par le ministère du Commerce, le prix de revient du riz paddy ne peut aller au delà de 97 FCfa/kg. Sur la CSC 2017 écoulée, le prix du paddy était forcé à 125 FCfa/kg, avec une marge nette au producteur de 30%. Cette année, ces mêmes producteurs ne se suffisent plus d’une marge nette de 30%, que les consommateurs trouvent encore assez élevée, mais exigent plutôt 34%, donc un prix de 130 FCfa/kg. Ainsi, des riziers, surpris par cette augmentation, comptent, si rien n’est fait par l’Etat, augmenter le prix sur le marché local et transférer cette hausse aux consommateurs. Toutefois, des sources du ministère renseignent que le riz local peut bien coûter moins cher que le riz importé. Pour ce faire, il faudra une régulation du prix du paddy autour de 115 FCfa/kg et une meilleure orientation de la subvention des engrais.

MAMADOU SECK