« Islam de France » : Les propositions du Banquier Hakim El Karoui

Alors que les préfectures organisent actuellement dans chaque département « des assises territoriales de l’islam », l’Institut Montaigne publie un rapport sur « l’islamisme ». Signé par l’ancien banquier d’affaires Hakim El Karoui, il décrit la montée en puissance de « cette idéologie politique contemporaine ».

Le travail d’Hakim El Karoui a déjà été salué par le ministre de l’Intérieur. L’auteur pour l’Institut Montaigne, a présenté dimanche 9 septembre, des propositions pour lutter contre le fondamentalisme islamiste.

Plus de 600 pages remises à Emmanuel Macron avec, à l’intérieur, une analyse et un état des lieux de la religion musulmane en France. Un bilan alarmant, qui appuie fortement sur la domination de l’islamisme en France, et plus particulièrement du salafisme qui gagnerait du terrain.

Hakim El Karoui, ancien banquier chez Rothschild et conseiller de Jean-Pierre Raffarin, préconise alors, dans les pages de conclusion, plusieurs propositions qui, selon lui, pourraient apporter des solutions à ce qui est décrit comme un réel enjeu de société et international.

« Ce n’est pas la peur qui doit nous guider pour imaginer une réponse à l’islamisme. C’est plutôt la raison », écrit-il dans le rapport avant d’énumérer quelques idées fortes.

Que les musulmans non islamistes « se mobilisent »

Première idée : pour Hakim El Karoui, il ne faut pas laisser seuls les islamistes parler de la religion musulmane, comme clairement énoncé dans cette phrase : « Si les non islamistes laissent leur religion aux islamistes, ils auront une part de responsabilité dans la dégradation de la situation. »  « Les musulmans modérés trop silencieux doivent s’emparer des débats », peut-on lire encore.

Une phrase qui risque de faire grincer certains des dents, qui diront, d’une part, que c’est déjà le cas, et d’autre part, qu’on ne peut pas mettre cette responsabilité sur des musulmans sous prétexte qu’ils sont musulmans.

C’est par exemple ce que souligne MrShelby, analyste amateur et observateur du Moyen-Orient, dans une série de tweets, et selon qui, ceux qui « portent un discours modérés » sont attaqués et par les islamistes radicaux, et par les identitaires. Il cite l’exemple de Latifa Ibn Ziaten, mère musulmane d’un militaire assassiné par Mohamed Merah en 2012, et victime de menaces.

La création d’une association pour organiser et financer le culte musulman

Hakim El Kaoui milite également pour la création d’une association, l’AMIF (l’Association musulmane pour l’islam de France).

Son rôle ? Se charger « d’organiser et de financer le culte musulman ». Concrètement, elle prendrait en charge la « formation et rémunération des imams », « la construction des lieux de culte », « le travail théologique » et « la lutte contre l’islamophobie et l’antisémitisme. »

« En effet, la place prépondérante laissée aux pays d’origine des familles musulmanes et la mauvaise gestion de l’argent lié au commerce du halal, du pèlerinage et des dons individuels empêchent l’émergence d’un islam géré en France par des Français« , argumente le texte.

Une « taxe halal » ?

Si elle n’est pas évoquée comme telle, une sorte de « taxe halal » est aussi proposée. En effet, cette association fonctionnerait avec « un prélèvement sur le halal », comme l’a expliqué Hakim El Kaoui dans le MagPol de RTL. Il prévient toutefois : l’État ne pourra pas s’en mêler, en vertu de la loi 1905 de séparation entre l’Église et l’État.

« L’idée c’est de créer une organisation neutre, indépendante des pays d’origine, indépendante de ceux qui tiennent aujourd’hui les mosquées, pour prélever une toute petite somme d’argent sur chaque acte de consommation et réinvestir cette somme d’argent dans le travail théologique, parce que c’est la mère de toutes les batailles », a-t-il encore développé.

Cette taxe s’articulerait sur le même modèle que la taxe de cacheroute qui existe pour la religion juive.

Par l’Éducation nationale, notamment des cours d’arabe

La société et l’État ont aussi un rôle à jouer, notamment dans ce qu’il appelle « le discours républicain ». « Dans une logique de conflit de normes, la norme civile et républicaine doit réaffirmer sa primauté et diffuser plus largement ce qui la fonde », préconise le rapport avant de proposer aussi de « repenser la communication de l’État sur les valeurs républicaines ».

Ce qui passe aussi par l’Éducation nationale. Ici, Hakim El Karoui propose une mesure forte, qui risque de faire réagir : lancer les cours d’apprentissage de l’arabe à l’école.

Il justifie cette démarche par le fait que cette absence est un moyen pour les islamistes d’attirer les jeunes dans leurs écoles et leurs mosquées.

Une coordination européenne

Comme pour d’autres sujets de société qui ne concernent pas seulement la France, une réflexion et un travail en commun avec les autres pays de l’Union européenne est aussi conseillé. Un travail « diplomatique et théologique ».

Ce que souhaite l’auteur, c’est « une nouvelle organisation de l’islam, en France et en Europe, une prise en compte du sujet dans nos relations diplomatiques, une mise à l’agenda du sujet au niveau européen, la promotion par les musulmans européens d’un discours alternatif,une nouvelle organisation pour l’État face à ce problème ».

Et de conclure : « L’Europe doit s’emparer de la question de l’islam, sans passion ni haine mais avec exigence et raison : c’est l’intérêt des musulmans d’Europe qui doivent échapper à l’emprise des pays d’origine et à l’emprise islamiste, c’est l’intérêt aussi de l’Europe tant la question de l’islam et de la peur que cette religion suscite est devenue commune et centrale dans le débat politique continental. »