MECQUE 2018: deux millions de fidèles entament ce dimanche le pèlerinage

Plus de deux millions de fidèles ont entamé dimanche, dans un climat de ferveur et sous un soleil de plomb, le pèlerinage annuel à La Mecque, en Arabie saoudite. Un véritable défi logistique pour les autorités locales.

Le hadj est l’un des cinq piliers de l’islam. Tout musulman est censé l’accomplir au moins une fois dans sa vie, s’il en a les moyens.

C’est « le rêve de tout musulman de venir ici », c’est « l’ultime voyage, explique Soliman Ben Mohri, commerçant de 53 ans originaire de Boulogne-sur-Mer, en France. Nous sommes émus» « Je me sens si chanceuse », s’enthousiasme Nazia Noor, une Néo-Zélandaise de 36 ans, en poussant son père dans une chaise roulante. Saidou Boureima, un pèlerin du Niger, dit, lui, s’attendre à un parcours difficile : « Je me suis préparé en faisant du sport avant. Si Dieu veut, on pourra tenir. »

Les mouvements de pèlerins s’effectuent dans un climat de ferveur, dans une chaleur étouffante, alors que la température excède largement les 40 °C. Certains sont équipés de parapluies pour se protéger du soleil.

Les fidèles se sont rendus dimanche dans la vallée proche de Mina, à travers le lieu-dit de Mozdalifa où ils passeront la nuit avant le stationnement sur le mont Arafat, temps fort du hadj. C’est sur ce mont que le prophète Mahomet a prononcé son dernier sermon et c’est là que les pèlerins passeront une journée de prières et d’invocations en sollicitant la clémence d’Allah. Le pèlerinage se terminera avec l’Aïd Al-Adha, une fête de trois jours suivie par le rituel de la « lapidation de Satan ».

Un royaume en pleine transformation

Le hadj de 2018 se déroule alors que l’Arabie saoudite, royaume ultra-conservateur, est en pleine transformation avec des réformes concernant les femmes qui ont été finalement autorisées à conduire. Dans le même temps, les autorités font preuve d’une grande fermeté face à toute voie dissidente. La religion conserve une place centrale dans la société.

Le jeune prince héritier Mohammed Ben Salmane, fils du roi et inspirateur des réformes, a clamé la volonté de son pays de « renouer avec un islam modéré et tolérant », tout en multipliant les arrestations dans les milieux dissidents, y compris parmi les défenseurs des droits de l’homme et les religieux critiques.

Le pèlerinage intervient également en pleine guerre au Yémen, où l’Arabie saoudite intervient contre des rebelles soutenus par l’Iran, le grand rival régional de Riyad.

Un hajj de plus en plus high-tech

Au fil des ans, le hajj a pris une dimension de plus en plus high-tech avec une multiplication d’applications mobiles pour aider les fidèles à comprendre les instructions, à trouver leur chemin ou obtenir des soins médicaux d’urgence auprès du Croissant-Rouge saoudien.

Le pèlerinage de 2015 avait été endeuillé par une gigantesque bousculade qui avait fait quelque 2 300 morts, dont des centaines d’Iraniens.

Celui de 2018 se déroule alors que l’Arabie saoudite, royaume ultraconservateur, est en pleine transformation avec des réformes en profondeur concernant notamment les femmes qui sont désormais autorisées à conduire.

Les autorités font preuve dans le même temps d’une grande fermeté face à toute voie dissidente. La religion conserve une place centrale dans la société.

Source : Lemonde