A 16 ans, un marocain est jugé pour avoir tenté de voler un Airbus à Orly !

Le procès d’un jeune Marocain sans-papiers, arrêté dans le cockpit de l’avion fin juin, doit se tenir ce vendredi. Détenu depuis six mois, son état se serait dégradé.

Le délit semble un peu fou. Mais la vraie question, c’est de savoir si le prévenu l’est aussi. Ce vendredi, un Marocain sans-papiers de 16 ans comparaît devant un juge des enfants du tribunal de Créteil pour « avoir tenté de soustraire frauduleusement un avion Airbus A321 au préjudice de la compagnie aérienne Vueling ».

Cette « tentative de vol d’avion » remonte à la fin juin à l’aéroport d’Orly. Depuis, l’adolescent, dont la santé mentale pose question, est en détention provisoire. D’après son avocate Marie Dieudonné de Carfort, cela se passe de plus en plus mal. « Il vivrait nu avec une simple couverture. Avec ses vêtements, il a bouché toutes les canalisations. Il fait ses besoins à même le sol. Il écrit sur les murs avec ses excréments. » En clair, sa place n’est pas en prison.

Il parvient à déjouer tous les contrôles

Déjà pour lui, sa place n’était plus en France ce jour où il décide de prendre l’avion pour rentrer en pays. Cela fait alors quelques mois qu’il vit dans la rue en région parisienne.

À 14 ans, il part du Maroc pour tenter sa chance. Il atterrit à Marseille (Bouches-du-Rhône). Et suit le parcours chaotique des adolescents sans-papiers. Que fait-il exactement ? On ne sait pas si ce n’est qu’il s’essaye à des produits psychotropes.

C’est sans doute sous LSD qu’il décide de prendre l’avion pour le Maroc en juin dernier. « Son idée c’était de prendre l’avion, pas évidemment d’en voler un », précise son avocate. Pour une raison encore mystérieuse, il parvient à déjouer tous les contrôles. Il aurait escaladé un mur ou suivi une famille. Mais cela reste très flou.

Il déplace un escalier mobile puis entre dans le cockpit

En tout cas, le jeune Marocain essaye d’abord d’entrer dans un premier avion. Mais il n’y arrive pas. L’adolescent retente sa chance sur un autre appareil en déplaçant un escalier mobile. Le voici dans le cockpit d’un Airbus A321, un gros-porteur capable de transporter 130 à 180 passagers. Au moment où il pénètre dans l’habitacle, il n’y a personne. Il s’installe aux commandes.

Dehors, un technicien de maintenance est intrigué par une lumière indiquant que le cockpit est occupé. Il entre et découvre l’adolescent un casque de pilotage sur les oreilles en train de trifouiller les boutons. Il appelle les forces de l’ordre.

L’interpellation est difficile. Le jeune homme se rebelle. Il est du reste poursuivi pour cela. En garde à vue, il refuse aussi de se soumettre à des prélèvements ADN.

Une série de comportements incohérents

Deux délits en plus de la « tentative de vol d’avion ». Cette qualification fait bondir l’avocate. « C’est un délit impossible dans la mesure où il est inenvisageable de faire décoller un appareil sans un minimum de connaissances, souligne-t-elle. C’est un peu comme essayer de voler une maison. Était-ce réalisable ? L’intention serait caractérisée par le fait qu’il a été vu en train d’appuyer sur des boutons. Mais avait-il vraiment l’intention de faire décoller cet avion ? » C’est en tout cas ce que soupçonne la juge des enfants, que nous n’avons pas été en mesure de joindre.

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom