A peine rentré au Gabon, Ali Bongo Odimba retourne au Maroc : pourquoi Rabat ?

Pourquoi Ali Bongo Ondimba a-t-il choisi Rabat pour se remettre de son AVC ? Comment s’est passée son hospitalisation ? Quel rôle a joué son ami le roi à ses côtés ?

Après vingt minutes de survol de l’aéroport de Rabat-Salé, cette nuit du 13 janvier, il était temps que le commandant de bord s’explique : « Mesdames et messieurs, nous sommes mis en stand-by à cause du décollage d’un avion VIP. » Une rumeur parcourt aussitôt l’appareil : Ali Bongo Ondimba (ABO) s’envolerait-il pour son pays ? Vaines conjectures. C’est le lendemain soir que le chef de l’État regagnera finalement le Gabon. Cette fois c’est sûr : l’ex-patient de l’Hôpital militaire d’instruction de Rabat va mieux.

Après ses voeux du nouvel an qu’il avait fait depuis Rabat, au Maroc, le Président du Gabon Ali Bongo Ondimba se devait de rassurer les gabonais sur son état de santé. Et on ne peut pas dire que son passage éclair à Libreville pour la cérémonie de prestation de serment des membres du nouveau gouvernement mis en place après l’installation de l’Assemblée nationale issue des législatives d’octobre qui furent par le PDG, parti démocratique gabonais du Président Bongo.

Ce retour, après presque 3 mois de rééducation au Maroc après son AVC avait pour objectif de mettre un terme aux informations contradictoires qui circulent sur l’état de santé réel d’Ali Bongo dont l’absence de réaction après la récente tentative de coup d’état laissait perplexe bien des observateurs.

Mais rien dans la prestation du président gabonais n’est en mesure de rassurer son peuple. Des interventions réduites à la portion congrue, un président sur un fauteuil roulant, comme l’avait annoncé Afrik.com, et quasiment aucune parole. Autant dire que les septiques ne seront pas convaincus par cette sortie.

Pour Raymond Ndong Sima, ancien Premier ministre entre 2012 à 2014, cité par l’AFP, « ceux qui ont organisé ce voyage ont juste voulu assurer, derrière un semblant de légalité, la continuité du pouvoir en place (…) Le déroulé de la cérémonie comme toute la séquence allant de son arrivée secrète, à l’éloignement des médias, l’absence d’audience en dehors du cercle déjà à la manœuvre, l’annulation du conseil des ministres annoncé et finalement son retour rapide et tout aussi discret pour le Maroc, accroissent significativement le doute sur sa capacité réelle à assumer pleinement les charges de sa fonction« , a-t-il affirmé.

Toujours pour M. Sima, il faut voir derrière ces manœuvres la volonté d’un petit nombre d’individus de garder la main sur le pouvoir, le premier visé étant le directeur de cabinet d’Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga. « Il n’appartient pas à un groupe d’individus, quelle que soit la confiance dont ses membres peuvent se prévaloir de la part du président de la République, de statuer en lieu et place du peuple et d’instaurer en quelque sorte une régence », a accusé M. Sima, ajoutant: « de tels agissements mettent inutilement en péril la paix intérieure du pays« .

Jean-Boniface Asselé, oncle d’Ali Bongo et président d’un petit parti de la majorité présidentielle, le Cercle des libéraux réformateurs (CLR) va plus loin et nomment les personnes en cause en désignant ceux qu’il considère comme responsables de cette « machination »: le directeur de cabinet Brice Laccruche Alihanga, l’épouse du président, Sylvia Bongo Ondimba, son fils Noureddine, ainsi que Maixent Accrombessi, l’ancien directeur de cabinet resté très influent.

Bruno Ben Moubamba le président de l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR) a annoncé ce samedi sur sa page Facebook la fin de son « alliance objective » avec le régime d’Ali Bongo. « Pour l’honneur, pour l’Histoire, sans rancune et sans haine, nous entreprenons ce samedi 19 janvier 2019 de rompre officiellement notre « alliance objective » avec le Président Ali Bongo Ondimba et son pouvoir ».

 

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