Attendu aux abords de la Terre, la comète Atlas semble être en lambeau

Découverte fin décembre, la comète Atlas semblait sur la même trajectoire de gloire que la « grande comète de 1844 » dont elle partage la même orbite. Or, ces derniers jours, l’astre chevelu a perdu de son éclat.

Elle promettait d’être une comète brillante et peut-être même la plus belle et étincelante depuis au moins deux décennies, à en faire pâlir de jalousie Vénus, lorsque fin mai, elle serait passée au plus près du Soleil (périhélie)… Seulement voilà, comme beaucoup de ses congénères qui traversent la région la plus douce du Système solaire – le Système solaire interne où gravitent les quatre planètes rocheuses -, ses rêves de gloire sont en train de se briser. Et avec eux, ceux des astronomes amateurs et professionnels qui se réjouissaient d’observer et photographier ce spectacle assez rare.

Mais comme le laisser craindre les images d’astrophotographes publiées la semaine dernière et les chroniques de sa luminosité, le petit noyau de la comète n’aura pas résisté – ou alors, résiste mal – au feu ardent du Soleil. Les dernières observations confirment en effet que C/2019 Y4 (Atlas) s’est disloquée. Une équipe d’astronomes taïwanais estime que le fragment de tête est à 3.400 kilomètres du reste d’un noyau.

On peut encore observer la comète Atlas

Comme Atlas a encore de gros restes en formation groupée, il est toujours possible de la distinguer au foyer d’un télescope ou d’une lunette avec un grossissement conséquent. Filant à travers la constellation de la Girafe, ce n’est certes plus qu’une lueur verdâtre dont la luminosité est dégradée, passant d’une magnitude proche de 7, le 30 mars, à une magnitude 10 ces derniers jours. Lueur d’espoir : des sursauts ont fait remonter son éclat récemment. Néanmoins, tout indique que la comète pourrait bientôt s’émietter complètement et s’éteindre dans le ciel terrestre, ne laissant plus derrière elle qu’une longue traînée de poussières.

Comme avec la comète Ison en 2014, son destin glorieux dans le ciel des Terriens est en train de s’évanouir sous nos yeux. Astres chevelus (du grec asteres kometes), longtemps perçus comme des messagers célestes de mauvais augure, les comètes sont décidément imprévisibles.

La comète Atlas est-elle en train de se désintégrer sous nos yeux ?

On l’attendait comme la comète de l’année, voire de la décennie. Mais depuis quelques nuits, la comète Atlas semble montrer quelques signes de faiblesse. Des observations qui suggèrent qu’elle pourrait bien être en train de se désintégrer.

La comète C/2019 Y4 Atlas — plus simplement connue sous le nom de comète Atlas — a été découverte fin 2019. Depuis quelque temps, sa luminosité augmentait plus vite que les astronomes l’avaient initialement imaginé. Laissant même espérer que nous pourrions bientôt l’observer à l’œil nu. Sa luminosité était même annoncée comme atteignant celle de Vénus, d’ici le mois de mai. Un spectacle grandiose allait venir égayer notre confinement. Mais, revirement de situation ces dernières nuits. La comète Atlas pourrait bien être sur le point de se désintégrer.

Dès le 15 mars, Karl Battams, chercheur au Naval Research Lab de Washington DC (États-Unis), déclarait : « je ne serai pas surpris de voir la comète Atlas commencer à s’estomper rapidement et peut-être même à se désintégrer avant d’atteindre le Soleil. » Et en effet, une baisse de luminosité a été notée ces derniers jours.

Un allongement du noyau révélateur  ?

Plus récemment encore, des images prises par le télescope de l’observatoire de Xinjiang (Chine) ont montré un allongement du noyau de la comète Atlas de trois secondes d’arc, selon une direction semblable à celle de sa queue. Une morphologie en totale cohérence avec le déclin soudain de la production de poussière. Un signe, selon les chercheurs, d’une rupture du noyau de la comète. La désintégration de la comète Atlas pourrait aussi expliquer les anomalies de trajectoires également observées depuis quelques jours.

« L’orbite de la comète est maintenant influencée par des forces « non gravitationnelles ». Ces forces résultent de gaz qui se détachent du noyau d’Atlas et provoquent un léger déplacement de ce noyau dans la direction opposée. La plupart des comètes actives en font l’expérience dans une certaine mesure, mais pour la comète Atlas, les forces « non gravitationnelles » se sont déclenchées très brusquement et sont assez fortes. Cela soutient le récit d’un petit noyau poussé très fortement par un dégazage extrême, éventuellement accompagné d’une fragmentation », explique Karl Battams.

Affaire à suivre…

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