Au Brésil, le territoire des indiens Yanomami mis en péril par l’explosion de l’orpaillage

Encouragés par le discours du président Jair Bolsonaro et l’incurie des agences de l’Etat, des milliers de « garimpeiros » affluent sur les terres indigènes, apportant avec eux épidémies mortelles, violence, et pollution au mercure.

Etourdis par la « fièvre de l’or », c’est souvent guidés par une simple rumeur, le fantasme d’une mine secrète découverte au fond de la jungle amazonienne, que les garimpeiros, les orpailleurs clandestins, décident de fuir une vie misérable pour tenter l’aventure. Galvanisés par le message d’impunité envoyé par le gouvernement de Jair Bolsonaro, ces hors-la-loi envahissent en masse depuis quelques mois le territoire indigène des Yanomami, au Brésil.

Ils charrient avec eux épidémies mortelles, bagarres et prostitution en mettant particulièrement en danger une, voire six tribus d’Indiens isolés. Ces orpailleurs seraient désormais entre 7 000 et 10 000, selon les estimations de la Fondation nationale de l’Indien (Funai), dépendante de l’Etat, et pas moins de 20 000 selon le cacique yanomami Davi Kopenawa. Leurs activités, financées par d’obscures entreprises et quelques politiciens véreux, ont atteint de telles proportions que, depuis septembre 2018, pas moins de 194 kg d’or ont été exportés depuis le Roraima, Etat du nord du pays à la frontière guyanaise, vers l’Inde… sans qu’aucune mine légale ne soit recensée dans l’Etat.

« Les garimpeiros viennent en avion, en bateau, à pied. Ils nous menacent avec leurs armes, font peur à nos femmes, polluent nos fleuves au mercure, amènent la malaria, les pneumonies, les diarrhées. Mais le gouvernement ne nous respecte pas, au contraire, il veut autoriser l’exploitation minière de notre territoire ! », alerte Dario Vitorio Kopenawa, vice-président de l’association yanomami Hutukara et fils du chaman Davi Kopenawa, qui estime que, en six mois, 10 000 garimpeiros se seraient introduits sur leurs terres.

« Les impacts socio-environnementaux de ces explorations sont énormes », souligne Guilherme Augusto Gomes Martins, membre de la Funai, citant entre autres l’exploitation sexuelle des indigènes et la contamination alarmante des populations au mercure, atteignant 92 % des Indiens de certains villages.


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