Balcon effondré à Angers : 5 personnes mises en examen

 

En pleine fête, le balcon s’était brutalement décroché, emportant dans sa chute 18 jeunes. L’accident avait fait 4 morts et 14 blessés.

Deux ans après l’effondrement d’un balcon à Angers (Maine-et-Loire), qui avait fait quatre morts et quatorze blessés, cinq personnes ont été mises en examen pour homicides et blessures involontaires.

« Cette semaine, le responsable du cabinet d’architecture, le dirigeant de l’entreprise de gros œuvre, deux salariés de l’entreprise de gros œuvre (un conducteur de travaux et un chef de chantier) ainsi que le chargé d’affaires de l’APAVE (organisme de contrôle technique de construction ainsi que des installations) ont été mis en examen des chefs d’homicides involontaires et de blessures involontaires », a annoncé le procureur de la République d’Angers, Yves Gambert, dans un communiqué.

Les différents intervenants du chantier «identifiés»

Le 15 octobre 2016 vers 23 heures, lors d’une pendaison de crémaillère dans un appartement étudiant de la résidence « le Surcouf », le balcon s’était brutalement décroché, emportant dans sa chute dix-huit jeunes.

Quatre étaient morts écrasés sous les gravats, trois garçons âgés de 21, 23, 25 ans et une jeune fille de 18 ans. Les autres avaient été hospitalisés notamment pour des fractures, et souffrent toujours d’un énorme traumatisme psychologique.

« Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte à la suite de l’accident mortel […], les juges d’instruction cosaisis ont procédé à de multiples investigations qui ont permis d’identifier les différents intervenants lors du chantier », précise le communiqué du procureur.

Un rapport accablant pour le constructeur

« Parallèlement, ils ont ordonné deux expertises afin d’établir les modalités de construction de l’immeuble effectivement mises en œuvre et de recherche des causes de l’effondrement afin de déterminer les responsabilités », poursuit-il.

Des « pré-rapports d’expertises ont été déposés respectivement le 18 juillet et le 10 octobre 2018 ». Plusieurs parents de victimes avaient créé en décembre 2016 une association, Les Papillons Éternels, pour défendre leurs intérêts et s’investir dans des opérations de solidarité.

L’enquête ouverte pour homicides et blessures involontaires avait rapidement établi que des fissures étaient présentes avant le drame – elles avaient d’ailleurs été signalées par un ancien locataire à l’agence de location, qui, elle, n’aurait pas fait remonter au syndic ni au propriétaire.

Un rapport, remis en décembre 2017, est accablant, notamment pour le constructeur : ferraillage du balcon mal positionné, infiltration d’eau dans les jointures réalisées avec des matériaux de mauvaise qualité, béton coulé à la va-vite en lieu et place des blocs préfabriqués prévus initialement, et ce, pour rattraper un retard sur le chantier… Un dernier point qui n’aurait jamais, pointe l’expertise, été vérifié ni par l’architecte ni par le bureau de contrôle.

 

 

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