Coronavirus : le cours du pétrole dégringole vertigineusement !

L’Arabie saoudite a réduit le prix de vente officiel pour le mois d’avril de toutes ses qualités de pétrole brut vers toutes les destinations, une décision prise après l’échec des discussions entre l’Opep et la Russie sur un nouvel accord d’encadrement de la production.

Le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco a fixé son prix de vente officiel pour le baril de brut léger à destination de l’Asie pour le mois d’avril à 3,10 dollars de moins que la moyenne d’Oman/Dubaï, soit une baisse de 6 dollars le baril par rapport au mois de mars, a déclaré samedi la société dans un communiqué.

Le groupe a aussi réduit le prix de vente du baril de pétrole brut léger vers les États-Unis pour avril à 3,75 dollars de moins par rapport à l’ASCI, en baisse de 7 dollars le baril par rapport à mars.

Baisse de prix réclamée

Le prix de vente du baril de brut léger à destination de l’Europe du Nord et de l’Ouest a été fixé à 10,25 dollars de moins que la référence de l’Ice Brent, en baisse de 8 dollars le baril sur un mois.

Vendredi, la belle harmonie qui régnait depuis trois ans entre l’Opep et la Russie a volé en éclats du fait de l’opposition de Moscou à une nouvelle réduction de la production de pétrole pour enrayer la baisse des cours due à l’épidémie de coronavirus.

Le cartel, qui souhaitait une baisse supplémentaire de 1,5 million de barils par jour jusqu’à fin 2020, a riposté en supprimant toutes les limites à sa propre production, ce qui a fait chuter les cours du pétrole de 10 %.

L’Arabie Saoudite est le premier exportateur mondial de pétrole et de facto le pays dont le poids est le plus important au sein de l’Opep.

Opposition de la Russie

Vendredi, la belle harmonie qui régnait depuis trois ans entre l’Opep et la Russie a volé en éclats du fait de l’opposition de Moscou à une nouvelle réduction de la production de pétrole pour enrayer la baisse des cours due à l’épidémie de coronavirus. Le cartel, qui souhaitait une baisse supplémentaire de 1,5 million de barils par jour jusque fin 2020, a riposté en supprimant toutes les limites à sa propre production, ce qui a fait chuter les cours du pétrole de 10%. La Russie proposait, elle, de prolonger jusqu’à la fin du deuxième trimestre les réductions de production déjà appliquées par les pays du groupe Opep+, qui réunit les Etats membres et certains producteurs extérieurs au cartel des exportateurs. Ce programme porte sur une réduction de la production de 2,1 millions de bpj.

Malgré plusieurs cycles de négociations bilatérales cette semaine à Vienne, l’Arabie saoudite, force motrice de l’Opep, et la Russie n’ont donc pas trouvé de compromis. En conséquence, l’accord en cours sur les réductions de production expirera fin mars. Les membres de l’Opep et leurs partenaires pourront donc en théorie pomper à volonté, alors que l’offre est déjà excédentaire. Les cours du pétrole ont plongé de 10% depuis le début de l’épidémie, ce qui fait craindre une glissade similaire à celle de 2014, lorsque l’Arabie saoudite et la Russie cherchaient à préserver leurs parts de marché face aux producteurs américains de pétrole de schiste, qui ne se sont jamais associés aux réductions de production.

Quid des relations entre Moscou et Ryad

Cet échec pourrait avoir d’autres conséquences, dans la mesure où les discussions pétrolières ont permis à Ryad et Moscou, qui ont pris des partis opposés dans la guerre en Syrie, de se rapprocher politiquement. “L’opposition de la Russie aux réductions d’urgence des approvisionnements minerait effectivement et définitivement la capacité de l’Opep+ à jouer le rôle de stabilisateur des prix du pétrole”, a commenté Bob McNally, fondateur de Rapidan Energy Group. “Cela brisera le rapprochement financier et politique russo-saoudien. Il en résultera une volatilité accrue des prix du pétrole et une instabilité géopolitique”, a-t-il poursuivi.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom