Présidentielle en Côte d’Ivoire : Macron demande à Ouattara de retirer sa candidature (Jeune Afrique)

Le déplacement en France du président Alassane Ouattara est loin d’avoir les effets escomptés. Le candidat sortant qui était parti à Paris chercher l’aval de Macron est rentré bredouille, si l’on en croit Jeune Afrique. Le journal affirme qu’Emmanuel Macron a demandé à son vis-à-vis de se retirer de la présidentielle pour éviter des troubles socio-politiques.

« Le président français a suggéré à Alassane Ouattara (ADO) de procéder à un report du scrutin afin de lui permettre, ainsi qu’à Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, de se retirer. Ce délai lui donnerait en effet la possibilité de faciliter l’ouverture d’un dialogue avec ses deux principaux opposants et de trouver un successeur pour opérer le « changement générationnel » initialement promis », révèle le journal. Mais si l’on en croit l’hebdomadaire, Ouattara a refusé.

Ce tête-à-tête a d’ailleurs été largement commenté dans les journaux ivoiriens. Lorsque les journaux pro-Ouattara affirment que ce dernier a connu un franc succès, d’autres supports insistent sur le fait qu’il a été humilié en France, qu’il a subit un camouflet total.

Au moins Sept morts

Ces dernières semaines, alors que la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat cristallisait les tensions dans certaines localités du pays, des responsables de Divo avaient senti le climat s’envenimer. Mais personne n’avait imaginé de telles violences.

Tout a commencé dans la matinée du 21 août. Une centaine de femmes issues de l’opposition, principalement du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, entament une marche pour contester la candidature d’Alassane Ouattara. Elles sont encadrées par des jeunes et le responsable local du FPI. Arrivés à la gare de transport d’Hiré (située à l’extrême nord de la ville) qu’ils n’entendent pas traverser mais simplement contourner, les manifestants sont bloqués par les transporteurs. Le ton monte, le responsable du FPI est blessé, la situation dégénère. « C’était la guerre des cailloux pendant trois heures. Une médiation a été entamée et le calme est revenu. C’est alors qu’un maquis a été brûlé, tuant un adolescent qui y travaillait pour l’été. Accusant les transporteurs, les jeunes ont brûlé la gare », raconte un habitant du quartier.

La ville veille toute la nuit. Les affrontements reprennent le lendemain matin aux aurores et s’étendent à plusieurs quartiers. Maquis, boutiques, et restaurants partent en fumée. Sur fond d’opposition politique et de différends communautaires entre autochtones dida et allogènes dioula, certains en profitent pour régler leurs comptes. Il faudra l’arrivée de renforts policiers d’Abidjan pour que la situation soit contrôlée. Le bilan est lourd : sept morts et des dégâts matériels considérables.

Pour Guillaume Soro, ex-Premier Ministre, et aujourd’hui candidat au poste suprême, Alassane Ouattara « a voulu faire une entourloupe à Emmanuel Macron » qui, selon lui, ne s’est pas « fait berner ».

L’écrivain ivoirien Gauz se moque de cette classe politique ivoirienne obnubilée par ce mystérieux déjeuner, dont la tenue des échanges n’a pas filtré : « Chercher des signes de Macron comme une pythie cherche des signes des dieux pour valider ou invalider l’action d’un homme… On sait quoi faire de nos irresponsables nous-mêmes ! », écrit-il sur les réseaux sociaux.

Pascal Affi N’Guessan, candidat de l’une des branches du FPI, avait aussi adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron à la veille de cette rencontre pour lui demander de s’exprimer sur la candidature de M. Ouattara qu’il qualifie de « coup de force institutionnel ».


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