Croissance économique et Covid-19 : L’Afrique échappe au scénario du pire de l’an dernier !

L’Afrique a échappé au scénario du pire l’an dernier. La vague de Covid-19 n’a pas été aussi dévastatrice que sur les autres continents et la récession, la première depuis 25 ans, a été moins sévère qu’attendu.

Selon la Banque mondiale, le PIB a reculé de 2 % en 2020 – contre une prévision initiale au printemps dernier de -2 à -5 %. Un regain d’activité en fin d’année, grâce à la production agricole et au redressement des prix des matières premières, a limité les dégâts. «Les pays ont réussi à contenir l’épidémie en prenant les bonnes mesures», commente Albert G. Zeufack, chef économiste pour l’Afrique.

Les prévisions de croissance pour la région tablent sur une progression comprise entre 2,3 et 3,4 % en 2021, en fonction des politiques adoptées par les pays et la communauté internationale. Avec un taux d’infection d’environ 40 % supérieur à celui de la première vague, la deuxième vague de coronavirus risque de tirer ces prévisions vers la fourchette basse. Alors que certains pays sont parvenus à faire reculer significativement la propagation du virus grâce aux mesures de confinement, d’autres sont confrontés à une hausse des contaminations. La croissance du PIB (Produit intérieur brut) réel pour 2022 est estimée à 3,1 %. Dans la plupart des pays de la région, le niveau d’activité à la fin de l’année 2021 sera bien inférieur aux prévisions établies avant la survenue de la pandémie — une situation qui risque d’aggraver les conséquences négatives durables de la crise sanitaire sur le niveau de vie des habitants.

Les pays d’Afrique subsaharienne ne bénéficieront pas tous de la même dynamique de reprise. Les économies pauvres en ressources naturelles, comme la Côte d’Ivoire et le Kenya, et dans les économies dépendantes de l’extraction minière, comme le Botswana et la Guinée, devraient enregistrer un rebond solide en 2021, à la faveur d’une reprise de la consommation et des investissements privés portée par le retour de la confiance et d’une hausse des exportations.

En Afrique de l’Est et australe, la croissance devrait reculer à -3 % en 2020, plombée en particulier par les performances modestes de l’Afrique du Sud et de l’Angola, les deux locomotives de la sous-région. En dehors de ces deux pays, l’activité économique devrait rebondir de 2,6 % en 2021 et de 4 % en 2022.

En Afrique de l’Ouest et centrale, la croissance s’est contractée de 1,1 % en 2020, un résultat supérieur aux prévisions d’octobre 2020, grâce à un fléchissement moins prononcé que prévu de l’activité au second semestre au Nigeria, la première économie de la sous-région. Le PIB réel en Afrique de l’Ouest et centrale devrait progresser de 2,1 % en 2021 et de 3 % en 2022.

Le rapport Africa’s Pulse souligne également que les pays africains peuvent accélérer leur redressement, en intensifiant les mesures actuelles de soutien à court terme à l’économie et aux populations, en particulier les femmes, les jeunes et les autres groupes vulnérables. Ces politiques doivent aller de pair avec des réformes encourageant une hausse d’une productivité inclusive et de la compétitivité des pays. L’allégement du fardeau de la dette permettra de dégager des ressources publiques pour investir notamment dans l’éducation, la santé et les infrastructures. Les investissements en faveur du capital humain contribueront à atténuer le risque de dommages durables liés à la pandémie, dont la plupart se manifesteront à plus long terme, tout en stimulant la compétitivité et la productivité. Les douze prochains mois seront décisifs pour permettre à la zone de libre-échange continentale africaine de jouer pleinement son rôle pour accélérer l’intégration des pays d’Afrique dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

Le rapport rappelle enfin que les réformes visant à combler les lacunes en matière d’infrastructures numériques et à améliorer l’inclusivité de l’économie numérique — notamment celles destinées à garantir un coût abordable et à permettre à la société tout entière d’acquérir les compétences nécessaires dans ce domaine— sont la clé de l’amélioration de la connectivité, de l’accélération de l’adoption des technologies numériques et de la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour les hommes et les femmes du continent.


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