Dimanche 22 Mars 1987 : Le jour où Cheikh Seck fut poignardé à Thiès

Le Dimanche 22 mars 1987, l’ancien gardien des Lions fut poignardé dans le dos à Thiès lors d’un match du championnat entre l’Etics et le Diaraf de Dakar – 32 ans plus tard, son retour à Thiès pour Sénégal – Madagascar réveille de douloureux souvenirs

L’espoir était grand. Le Sénégal rêvait de revoir un nouveau printemps après la douloureuse fin, un an plus tôt, de l’aventure égyptienne. Ainsi, après la dépression nationale qui avait précédé le retentissant échec de Caire 86 (éliminé au premier malgré deux victoires), le Sénégal du foot rêvait d’un rebond en terre marocaine où était prévue la Coupe d’Afrique des Nations (Can) en 1988. Pour postuler à la phase finale de cette compétition, les « Lions » devaient passer deux tours de qualification. Le premier adversaire qui se dressait devant eux était la Guinée avec match aller, le dimanche 5 avril, à Dakar.

Echauffourées

Mais le Sénégal allait jouer ce match sans son capitaine, Cheikh Ahmed Tidiane Seck. En effet, 15 jours plus tôt (dimanche 22 mars), celui qui était également le gardien du Diaraf de Dakar disputait un match du championnat sénégalais, à Thiès, contre l’Etics. « A la fin du match, il y a eu des échauffourées. Et notre entraineur de l’époque, Thioune, je pense (il n’en est plus sûr), voulait en découdre avec des gens sur la main courante. Je le retenais quand soudain j’ai senti un coup violent », se souvient Cheikh Seck. Un homme venait de lui enfoncer un couteau dans le dos. L’international sénégalais tombe dans un tohu-bohu généralisé. Acheminé aux urgences, il allait s’en sortir car aucun organe vital n’était touché. Comme le rapporte Le Soleil daté du samedi 28 au dimanche 29 mars 1987, sous la plume de Cheikh T. Fall, le portier international allait être « le grand absent du match Sénégal – Guinée (…). Ce titulaire indiscutable dans la cage qui, par ailleurs, est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes africains, est depuis mardi (24 mars 1987, Ndlr) en traitement à la clinique Casahous ». Blessé et, donc, absent de la manche aller décisive, Cheikh Seck avait reçu la visite de ses coéquipiers de l’équipe nationale venus à Dakar pour préparer le match contre les Guinéens.

Annus horribilis

« Tous les joueurs de l’équipe nationale et l’encadrement technique se sont rendus au chevet de Cheikh Seck pour le réconforter et lui promettre une qualification face à la Guinée. Ce sera certainement l’un des meilleurs moyens de l’aider dans son rétablissement. Très touché par la visite de ses coéquipiers, Cheikh Seck a pleuré après leur départ car il aurait aimé être avec eux comme ce fut le cas lors des chocs précédents », pouvait-on lire, toujours, sous la plume de C.T. Fall dans Le Soleil. 1987 fut une année de blessures pour Cheikh Ahmed Tidiane Seck. Après avoir éliminé la Guinée pour le premier tour des éliminatoires de la Can Maroc 1988, le Sénégal affronta le Zaïre du mythique Muntubilé Santos. Un match nul et vierge, le 5 juillet 1987, au stade de l’Amitié, avait soldé la manche aller. Les Bocandé, Roger Mendy, Makou Niass et coéquipiers se déplacèrent 15 jours plus tard au stade Kamanyola de Kinshasa, plein comme un œuf. Cheikh Seck est bien titulaire, ce 19 juillet 1987. Mais il est contraint de céder sa place, en première période, à Samba Fall de la Linguère de Saint-Louis à cause d’une blessure à l’épaule. Le Sénégal tiendra la dragée haute à l’équipe zaïroise (0-0) pendant 120 minutes. L’espoir était toujours présent car Samba Fall est un spécialiste des pénaltys. Mais, c’était sans compter avec l’ogre Jean-Fidèle Diramba qui faisait peur à tout le Sénégal dès qu’il était désigné pour arbitrer un match de l’équipe nationale de football.

Stigmates

L’appréhension n’était pas sans fondement car même si Samba Fall avait arrêté un tir au but d’un Zaïrois, l’arbitre gabonais ordonna qu’il soit retiré. Finalement, le Sénégal fut éliminé par 4 tirs au but contre 2 . Ce qui ne fit que réveiller psychologiquement la blessure de Cheikh Ahmed Tidiane Seck. Aujourd’hui, 32 ans plus tard, il garde encore les stigmates de cette agression dont l’auteur avait été libéré quelques jours après, sur « demande insistante » du gardien international. Lors du premier entrainement de la bande à Sadio Mané sur la pelouse du stade Lat-Dior, Cheikh Seck, désormais vice-président de la Fédération sénégalaise de football, était présent.

« J’ai eu un flash de l’agression. J’étais sur la main courante et d’un coup, j’ai revécu la séquence », se souvient-il en touchant la cicatrice laissée par le couteau sur son dos. Ce n’est pas pour autant que Cheikh Ahmed Tidiane Seck boude son plaisir de se retrouver à Thiès pour un Sénégal-Madagascar festif car les deux équipes sont déjà qualifiées pour la Can 2019 en Egypte.

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