EMOUVANT ! Des Amants d’Auschwitz, réunis 72 ans plus tard

Si vous ne deviez lire qu’une chose, ce lundi 9 décembre, c’est cet article du New York Times : « Amants d’Auschwitz, réunis 72 ans plus tard. Il avait une question ».

Dans ce grand format, dont les photos sont magnifiques, la journaliste américaine Keren Blankfeld raconte l’histoire d’amour de David Wisnia et Helen Spitzer (dite « Zippi »), deux déportés juifs qui occupaient une position privilégiée dans le camp. Amateur d’opéra, rêvant de chanter dans les plus grandes salles, il chantait pour distraire les Allemands et ramassait les suicidés, elle était graphiste et dessinait des plans.

Ils avaient même pris le temps de planifier leur futur en dehors du camp, une fois la guerre finie. Leur but était de se retrouver à Varsovie. Mais la vie en a décidé autrement. Alors que les Américains et les Soviétiques progressaient en Allemagne pour libérer les camps, Helen Spitzer s’est retrouvée dans un camp pour femmes. Son amant, lui, a réussi à s’échapper lors de son transfert vers Dachau, et est tombé nez à nez avec des soldats américains. Ces derniers ont alors décidé de l’adopter, de lui donner un uniforme, un fusil et lui ont proposé de les aider à combattre l’Allemagne nazie, ce qu’il avait accepté. Lui qui rêvait de faire carrière à Broadway avait ainsi laissé de côté sa promesse, espèrant pouvoir vivre aux Etats-Unis. 

En 1944, ils ont dû fuir chacun de leur côté. Ils avaient prévu de se retrouver à Varsovie, mais David Wisnia, grisé entre-temps par sa rencontre avec des soldats américains, voulant oublier l’Europe, n’est jamais venu. Ils se sont mariés avec d’autres. Lui a fait sa vie en Pennsylvanie. D’abord à Philadelphie, où il fut responsable des ventes dans un groupe commercialisant des encyclopédies. Puis, il s’est installé à Levittown. Elle est arrivée à New York en 1967 où son mari est devenu professeur à l’université.

Ultime rencontre, après 72 ans de séparation

En 2016, il tente à nouveau sa chance. Son fils, rabbin à Princeton, dans le New Jersey, prend contact. Elle accepte de le revoir, soixante-douze ans après leur dernière rencontre. Elle est veuve depuis dix ans, sans enfants. Quand ils se revoient, la santé de Zippi est déclinante. Elle est alitée, perdant graduellement la vue et l’audition, entourée de livres sur la Shoah, assistée par une aide à domicile.

Mais pendant deux heures, ils refont l’histoire. Il finit par lui poser la question qui l’a obsédé pendant toutes ces années : combien de fois est-elle intervenue pour lui sauver la vie à Auschwitz ? Elle lui raconte qu’à cinq reprises, elle a trafiqué les documents qui auraient dû l’envoyer à la mort. Elle lui apprend qu’elle a tenu sa part de leur promesse. Qu’elle s’est rendue à Varsovie, qu’elle l’a attendu, mais qu’il n’est jamais venu. Ils ont fini par s’avouer qu’ils s’étaient toujours aimés. Avant de partir, elle lui a demandé de chanter pour elle. Il lui a pris la main et a chanté la chanson hongroise qu’elle lui avait apprise, pour lui montrer qu’il s’en souvenait encore. Ensuite ? Ils ne se sont plus jamais revus. Elle est morte le 10 janvier 2018, à New York.


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