Felwine Sarr : « Non, l’Afrique n’est pas sous perfusion »

Felwine Sarr sur la contribution de l'Afrique au G7 en France

L’économiste sénégalais rappelle que les capitaux rapatriés par les migrants sont supérieurs à l’aide publique au développement et aux investissements étrangers.

Felwine Sarr a peu de goût pour les grand-messes du G7, telles que celle organisée par la France à Biarritz, du samedi 24 au lundi 26 août. Ces enceintes, estime-t-il, renvoient trop souvent l’Afrique à ses défaillances en se gardant bien de creuser les causes réelles qui conduisent le continent à occuper inexorablement la queue des classements établis par les institutions internationales. L’économiste sénégalais ne nie pas les difficultés mais s’interroge sur ce discours compassionnel des grandes puissances qui consiste à ne décrire l’Afrique qu’à travers ses manques.

Les flux de capitaux rapatriés par les migrants africains sont supérieurs à l’aide publique au développement et aux investissements étrangers, rappelle-t-il pour corriger l’idée d’une Afrique « sous perfusion ». Ce sont d’abord les Africains qui aident les Africains. L’auteur d’Afrotopia (éd. Philippe Rey, 2016) juge indispensable que les gouvernements africains s’approprient les politiques de réduction de la pauvreté, aujourd’hui formatées par d’autres.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom