INDEMNITE DE LOGEMENT : Berné par l’Etat, les enseignants ont reçu 100 Francs (vous avez bien lu !) au lieu de 15 000 Francs !

Chez les enseignants, le constat est général et unanime ! l’état n’aurait pas respecté son engagement consistant à intégrer, en cette fin du mois d’octobre 2018, dans le compte bancaire de chaque enseignant la somme de 15 000 francs représentant l’augmentation de l’indemnité de logement, comme convenu et signé dans l’accord signé avec les syndicats du G6 (groupe des six syndicats d’enseignants les plus représentatifs). Selon les enseignants, à la place des 15 000 francs convenus, ils n’auraient reçu que des sommes variant entre… 100 francs et 150 francs (vous avez bien lu !)

de hausse pour certains et de baisse pour d’autres. ils estiment que l’effectivité de l’indemnité n’est visible que sur les bulletins de salaires et en aucun cas dans le net à percevoir. ils estiment donc qu’ils seraient victimes d’une surimposition au niveau de la Direction de la solde « pour alimenter les caisses d’un état désargenté ».

L’année scolaire dernière, la question de l’indemnité de logement des enseignants avait constitué le point d’achoppement entre le gouvernement et les enseignants sur la plateforme revendicative du G6 (groupe des six syndicats les plus représentatifs). cette question avait donc entraîné une perturbation, pour ne pas dire un arrêt, des enseignements pendant plus de six mois! Pour sauver l’année académique 2017-2018 et non l’école, le gouvernement avait alors accepté le principe de porter l’indemnité de logement des enseignants de 60 000 francs à 100 000 francs. Soit une augmentation de 40 000 francs à payer en trois tranches échelonnées comme suit : 15 000 francs en fin octobre 2018, 10 000 francs en fin janvier 2019 et 15 000 francs en fin janvier 2020.

Des hausses ou baisses de… 100 francs !

Inutile de dire que les enseignants attendaient avec impatience la fin du mois d’octobre en cours pour enfin voir leur salaire de ce mois augmenter de 15.000 francs! « Malheureusement, les fonctionnaires que nous sommes avons constaté que nos salaires n’ont pas connu une hausse en termes d’augmentation visible des15 000 francs promis. En lieu et place, nous avons reçu des 100 francs et des 150 francs de hausse et des moins de 100 francs de baisse en dehors de l’avance tabaski. Hormis cela, nous demandons aux enseignants d’aller retirer leurs bulletins de salaires vers le 10 novembre. Nous allons essayer de voir comment les gens de la Direction de la Solde ont pu réussir à défalquer un impôt de cet ordre pour que des agents fonctionnaires puis sent se retrouver avec181 francs en dehors de l’avance tabaski. Quel que soit l’alibi ou les arguments qui puissent être utilisés par la direction de la solde, l’Etat n’a pas donné 15 000 francs aux enseignants ». le constat est du secrétaire national à la presse et à la communication du syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire (saems), Tamsir Bakhoum dont le syndicat compte aller rencontrer le directeur de la solde pour obtenir des clarifications plus convaincantes. Ndongo Sarr du cadre unitaire des syndicats de l’enseignement moyen et secondaire (cusems) a fait la même remarque que son collègue Bakhoum. a l’en croire, « en lieu et place de la hausse attendue, les gens se sont retrouvés avec des baisses de salaire ». ayant du mal à contenir sa colère, il explique que cette « mauvaise foi » du gouvernement a créé un climat de désolation et d’émoi chez les enseignants qui crient au « vol », à l’ « arnaque » et à la « surimposition » de « maigres salaires » de la part du gouvernement

Le bulletin… des 15 000 francs

Une vague d’indignations qui ne semble guère déranger la quiétude du directeur de la solde qui soutient mordicus que « la revalorisation de l’indemnité de logement est bien effective ». il renvoie même « ceux qui véhiculent des rumeurs éhontées sur la non application de cette mesure » à leur « bulletin de salaire du mois », « le seul interlocuteur qu’il faille consulter » selon lui. en des termes plus clairs, le directeur de la solde considère que seul le bulletin de salaire peut attester de l’effectivité ou non de l’augmentation de l’indemnité de logement des enseignants à hauteur de 15.000 francs. une sortie qui n’a pas eu l’heur de plaire à Ndongo Sarr du cusems qui fustige le « ton irrespectueux » du directeur de la solde s’adressant à ses camarades enseignants. « Certes, convient notre interlocuteur, la ligne indemnité de logement a effectivement connu une évolution, on est passé de 60 000 francs à 75 000 francs, maisles15 000 francs ne sont visibles que sur les bulletins. On nous a expliqué que si cela ne s’est pas traduit par une hausse égale, c’est parce qu’à partir de ce mois, ils (ndlr, les gens de la direction de la solde) ont commencé à défalquer l’avance de Tabaski,sous forme de remboursement, à hauteur de 6250 francs. Et comme depuis le mois d’août dernier ils ont également commencé à couper 4500 francs pour le Fnr complémentaire ou la pension complémentaire, suite à la décision de revaloriser un peu les pensions, environ 1500 francs sont également enlevés de la somme sous forme d’impôt. On a ainsi retenu plus de 12 000 francs sur les 15 000 francs. Cela veut dire que, finalement, c’est comme si la hausse a été totalement absorbée par ces retraits. Donc c’est cela qui fait que les camarades ont l’impression qu’on leur a donné d’une main et qu’on a repris de l’autre ». » autrement dit, M. Sarr semble soutenir que l’etat leur a donné un « faux billet de 15 000 francs », pour ne pas dire des billets sans valeur, « d’autant plus que les explications servies par le ministère des Finances et la direction de la Solde ne tiennent pas la route ».

D’où sa conviction qu’il y a anguille sous roche dans cette affaire de hausse des salaires liée à l’indemnité de logement des enseignants. « Si effectivement cette augmentation avait eu lieu et que cela s’était traduit par un gain, je ne vois pas pourquoi ils seraient obligés d’apporter des explications. Le seul fait qu’ils pondent des communiqués est bien une preuve qu’il y a problème »,confie un Ndongo Sarr très remonté. il y a de quoi s’indigner, renchérit son camarade syndicaliste, Tamsir Bakhoum du saems, qui n’y va pas avec le dos de la cuillère pour fustiger l’attitude du gouvernement. Pour ce poulain de Saourou Sène, patron du saems, « c’est facile d’insérer dans un bulletin de salaire une ligne où on met augmentation de 15 000 francs d’indemnité de logement.

Autant il est facile d’insérer cette ligne, autant il est encore possible d’insérer d’autres lignes pour défalquer autre chose. Ce qui est visible, et même s’ils ont inséré la ligne indemnité sur les bulletins de salaires, c’est que les enseignants n’ont pas reçu les 15 000 francs de l’Etat. C’est vrai qu’ils ont pris l’avance tabaski mais, sur les bulletins de salaire, on a remarqué que l’Etat a repris tout l’argent qu’il devait verser aux enseignants. Personnellement, en dehors de l’avance tabaski, je n’ai reçu qu’un surplus de 181 francs. Ce que le directeur de la Solde ne sera jamais en mesure de démentir. Je suis même prêt à mettre mon bulletin en transparence pour qu’il montre qu’en dehors de l’avance tabaski, on n’a rajouté qu’une pièce de 100 francs dans mon compte. En tout cas, j’ai reçu de l’Etat du Sénégal, 6000 et quelques francs et non 15 000 francs. Maintenant s’ils ont imposé ces coupes sombres pour alimenter les caisses de l’Etat afin de couvrir d’autres budgets, c’est de l’arnaque. Les enseignants sont en train de subir une surimposition au niveau de la direction de la Solde. C’est comme si l’Etat utilisait le nombre d’enseignants de la fonction publique pour leur imposer des montants importants et pouvoir remplir ses caisses afin de pouvoir faire face à d’autres dépenses. Si les caisses sont vides, l’Etat doit l’assumer et oser se mettre en face du peuple et dire qu’il n’est pas capable de respecter leurs engagements », martèle Tamsir Bakhoum.

Coupes sombres de fin d’exercice d’année budgétaire

Ndongo Sarr, lui, essaie de faire le rapprochement avec la fin d’exercice ou d’année budgétaire. « L’année dernière, à la même époque, parce qu’on était en fin d’exercice budgétaire, il y avait eu des coupes sombres sur nos salaires qui avaient même suscité une réaction syndicale assez forte. Là également, on est en fin d’exercice budgétaire. Très souvent, les sommes qui étaient budgétisées ne permettaient pas de couvrir les salaires jusqu’en fin d’année et c’est ce qui explique que, généralement, il y a des coupes sombres auxquelles se livre l’Etat », explique notre interlocuteur comme pour tenter de rafraichir les mémoires. Quant à Dame Mbodj du cusems authentique, il estime que « tout a été bien organisé pour reprendre les 15 000 francs » d’augmentation de l’indemnité de logement. Il se désole du fait que l’état a fait ses calculs dont lui seul maîtrise le secret pour reprendre aux enseignants tout ce qu’il leur adonné. Selon lui, son syndicat compte aller en guerre contre l’état qui n’a pas respecté ses engagements.

Des enquêtes à mener et des rencontres prévues

Sur les stratégies à adopter pour faire face à l’état qui n’aurait pas tenu ses engagements, Ndongo Sarr du cusems demande à ses collègues de faire attention. Parce que, dit-il, « dans le temps que certains nous disent ne pas avoir senti d’augmentation, il y en d’autres qui disent qu’elle est effective à leur niveau. Nous sommes en train de mener une enquête pour rassembler tous les éléments, nous demandons aux camarades de nous produire leurs bulletins de salaire des mois passés et de ce mois de manière à avoir des éléments tangibles que nous présenterons au Premier ministre. Puisque le 22 novembre prochain, on a un monitoring des accords. Il faudra que, sur la base de preuves concrètes, on montre que là où une hausse était attendue, les gens ont constaté une baisse et que cela fait désordre. » une chose est sûre : le versement de la première tranche de 15 000 francs sur les 40 000 francs qui doivent à terme être versés mensuellement aux enseignants comme indemnité de logement a créé un boucan dans le secteur éducatif. les concernés accusent l’état de leur avoir repris d’une main ce qu’il leur a consenti de l’autre, notamment par le biais d’une surimposition inappropriée. Selon le collaborateur d’Abdoulaye Ndoye du cusems, « si, pour les prochaines étapes, c’est-à-dire en janvier 2019 et en janvier 2020, le même scénario se répétait, cela ressemblerait tout simplement à des subterfuges, un jeu de cachecache de la part d’un gouvernement qui peine à respecter ses engagements ». Tout est dit…

 

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