Jets privés, malle géante : L’incroyable stratège de Carlos Ghosn pour fuir le japon

Les révélations d’une compagnie aérienne turque de jets privés, vendredi, et les images de vidéosurveillance placées à l’entrée du domicile de Carlos Ghosn au Japon apportent de nouvelles pistes dans l’enquête sur sa fuite rocambolesque vers le Liban.

Un jet privé turc et un petit terminal d’aéroport nippon apparaissent comme les principales pièces du puzzle de la fuite de Carlos Ghosn du Japon au Liban. La reconstitution du trajet du patron déchu de l’Alliance Renault-Nissan, grâce à des éléments fournis par les autorités libanaises, turques et japonaises, passés au tamis d’experts du secteur, dessine un plan inouï mené par une équipe de barbouzes professionnels mêlant simplicité et audace.

Après la révélation, lundi soir, de la présence de Carlos Ghosn à Beyrouth, un vol relevé par le site Flightradar24 a attiré l’attention des spécialistes: celui d’un appareil privé Bombardier Global Express siglé TCTSR et opéré par la compagnie turque MNG Jet. Parti le 28 décembre de l’aéroport d’Antananarivo (Madagascar), il a fait escale le même jour à Dubaï avant d’atterrir à Osaka le lendemain matin. Il est reparti le soir même pour Istanbul. Trente minutes après son arrivée à l’aéroport Atatürk, un second jet, lui aussi opéré par MNG, en a décollé.

La compagnie turque MNG Jet, qui opère des jets privés, a annoncé vendredi 3 janvier que ses avions ont été “utilisés illégalement” lors de la fuite de Carlos Ghosn du Japon vers le Liban. L’entreprise annonce également avoir déposée une plainte.

“En décembre 2019, MNG Jet a loué deux jets privés distincts à deux clients différents : un jet privé de Dubaï à Osaka et Osaka à Istanbul, et un autre jet privé d’Istanbul à Beyrouth”, indique la compagnie dans un communiqué publié sur son site internet. “Les deux contrats ne semblaient pas liés l’un à l’autre. Le nom de Carlos Ghosn n’apparaît dans les documents officiels d’aucun des vols.”

MNG Jet affirme également qu’un de ses employés a reconnu avoir falsifié les registres et avoir “agi a titre individuel à l’insu ou sans l’autorisation de la direction”. Cette personne fait l’objet d’une enquête de la part des autorités turques.

“Après avoir appris par les médias que la location bénéficiait à M. Ghosn et non aux passagers officiellement déclarés, MNG Jet a lancé une enquête interne et déposé une plainte pénale en Turquie le mercredi 1er janvier 2020 pour poursuivre les personnes impliquées”, ajoute la compagnie aérienne.

Caméras de vidéosurveillance

Arrivé au Liban dans des circonstances encore obscures, des images de caméras de sécurité installées au domicile de Carlos Ghosn, dorénavant visé par un mandat d’arrêt international, ont révélé que ce dernier avait quitté seul sa résidence à Tokyo dimanche dernier, ont indiqué des sources proches de l’enquête.

D’après ces sources citées par des médias japonais, ces images, captées dimanche vers midi, heure locale, sont les dernières de l’ancien patron de Renault et Nissan à avoir été saisies par une caméra placée près de l’entrée de son domicile, où il était assigné à résidence dans l’attente de son procès pour malversations financières.
La vidéo n’a pas révélé de présence suspecte à ses côtés à ce moment-là. La police japonaise soupçonne qu’il aurait alors rejoint quelqu’un d’autre pour prendre l’avion.

Carlos Ghosn a assuré jeudi avoir organisé “seul” son départ au Liban, sans toutefois livrer de détails sur cette fuite rocambolesque.

 


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