Le Togo une monarchie ? Faure Gnassingbé reconduit sans surprise pour un 4e mandat

Le président togolais Faure Gnassingbé a été réélu dimanche 23 février soir selon les résultats proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Malgré une popularité en déclin, le chef de l’Etat sortant a notamment profité des difficultés d’une opposition morcelée pour obtenir un quatrième mandat consécutif, prolongeant le règne de la dynastie familiale débuté en 1967 lorsque son père a pris le pouvoir à la faveur d’un putsch.

Successeur de son père

Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassigbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans, a été réélu depuis lors de scrutins très contestés. Le chef de l’Etat sortant l’emporte dès le premier tour, ayant obtenu la majorité absolue. Son principal rival, Agbéyomé Kodjo, obtient, lui, seulement 18,37 %, tandis que le troisième candidat, Jean-Pierre Fabre, récolte 4,35 % des voix. Sept candidats au total étaient en lice, les trois derniers ayant fait des scores insignifiants.

Le ministre de la Fonction publique Gilbert Bawara, qui est aussi l’un des premiers soutiens du chef de l’Etat, a évoqué « un score inédit » pour le candidat du parti au pouvoir, l’Union pour la République (Unir). Il avait été élu avec un peu plus de 58 % des voix il y a cinq ans.

Quelques heures avant l’annonce des résultats officiels, l’outsider de l’opposition Agbéyomé Kodjo, ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, s’était quant à lui autoproclamé « président démocratiquement élu […] au premier tour avec un score oscillant entre 57 et 61 % ». « Je m’engage à former un gouvernement inclusif dans les prochains jours », a-t-il ajouté, invitant le président sortant à « un sursaut patriotique pour un transfert pacifique du pouvoir ».

« Nombreuses fraudes »

« Au regard des résultats que nous avons compilés à travers les procès-verbaux en notre disposition, notre candidat a gagné l’élection présidentielle (…) au premier tour avec un score oscillant entre 57 et 61 % », a-t-il déclaré à la presse depuis son domicile à Lomé. « Je suis le président démocratiquement élu, et je m’engage à former un gouvernement inclusif dans les prochains jours », a-t-il ajouté, invitant le président sortant à « un sursaut patriotique pour un transfert pacifique du pouvoir ». M. Kodjo avait dès samedi soir dénoncé de « nombreuses fraudes » ayant émaillé le scrutin, assurant que le vote avait été « un véritable tsunami » en sa faveur.

Le candidat du Mouvement patriotique pour le développement et la démocratie (MPDD) avait créé la surprise samedi lors du dépouillement, notamment à Lomé, la capitale, où il a devancé l’Alliance nationale pour le changement (ANC), le parti du leader historique de l’opposition, Jean-Pierre Fabre. M. Kodjo affirmait avoir une large avance dans les régions Maritime (Sud) et Plateaux (centre-sud), être au coude à coude le parti au pouvoir Unir dans le centre et avoir réalisé de très bons scores dans les Savanes (nord).

Son domicile, ainsi que celui de son principal soutien, l’ancien archevêque de Lomé, Mgr Kpodzro, avait été encerclé samedi soir pendant quelques heures par les forces de l’ordre, qui ont affirmé vouloir « garantir leur sécurité ».

Le vote s’est déroulé sans violences, mais la société civile a recensé des bourrages d’urnes et des inversions de résultats. Des délégués de l’opposition se sont également vus refuser les accès dans certains bureaux de vote, selon l’opposition, et internet a été coupé par intermittence dans la capitale ou totalement dans certaines régions sensibles.

 

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