Miss Sénégal 2020 : la grande capitulation culturelle (Par Amadou Bâ)

Le Comité de miss Sénégal n’a pas choisi une Miss pour notre pays, loin de là. En couronnant cette fille longiligne et filiforme, notre Comité a abdiqué et rallié le diktat du nouveau code de beauté imposé par l’industrie de la mode occidentale.

Oui et c’est idéologique, Miss Sénégal 2020 a pour objectif de totalement renverser les paradigmes de beauté de la femme sénégalaise, qui ne peut plus être la “drianké” bien en chaire ou la “jongoma” mythique cristallisée dans nos inconscients par un habitus culturel séculaire.

La fabrique de la “Nouvelle femme sénégalaise” vient d’être inaugurée. Un entrelacs d’industries de l’apparence, d’Instituts de beauté, de bien-être, de fitness, le matraquage publicitaire des programmes de minceur, la dictature de la taille 38 et un nouveau racisme contre les grosses, la grossophobie.

En effet et si vous y regardez bien, dans les encarts publicitaires de promotion des produits des multinationales installées au Sénégal, les filles choisies ont pour la plupart les mêmes mensurations que nos nouvelles miss. En réalité, le tempo est donné depuis longtemps et notre concours miss ne fait que s’ajuster et s’adapter aux injonctions de son premier bailleur, l’industrie de la publicité.

Oui, une grande bataille culturelle vient d’être perdue. Après l’imposition du Genre comme le nouveau fil d’Ariane sociétal, les séries télévisées (Maîtresse d’un Homme marié et consorts), les documents officiels (passeports, permis de conduire…), l’interdiction de la polygamie, la judiciarisation du mariage, l’offensive pro-homosexuelle, les réunions publiques des loges maçonniques, la starification des déjantés (Rangou, Ouzin beurigo), l’hypersexualisation des jeunes filles à travers Sen Petit Gallé, etc., tous les piliers de la société sénégalaise connaissent un délitement culturel fast track. Voilà la machine institutionnelle à broyer des totems culturels, sociaux et sociétaux en œuvre depuis 2012.

Miss Sénégal 2020 est une nouvelle agression culturelle, une violence faite aux femmes qui ne peuvent se présenter à ce concours de beauté, si elles ne font pas la taille 38, mesurer 1m80 et peser moins de 60kg. Comme avec le concours de bétail, pour pouvoir y participer, il faudra respecter des mensurations spécifiques.

Être belle, c’est être mince… Tout est dit et tout le monde à la diète.

PS: Le combat patriotique est multiforme. Il embrasse aussi bien la défense de nos ressources naturelles que la préservation de nos socles culturels.

Imposer un code beauté occidental qui contredit la génétique de certains groupes ethniques africaines est une agression.

En aucune façon, il n’est question ici de faire l’apologie du surpoids des femmes mais de dénoncer une mascarade idéologique qui accélère la marchandisation capitaliste du corps de la femme.


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