“Monsieur le Président, tout va bien !» : Ils vous trompent, les Sénégalais souffrent !

[ …] Le Mali, ce pays voisin du Sénégal traverse une crise politique et sociale délicate, depuis quelques mois, dont l’un des points culminants a été la manifestation du 05 juin 2020.

Cette crise s’est traduite par un soulèvement populaire d’une partie importante de la population malienne fidèle à l’imam Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique malien (HCIM).

Hier, vendredi 19 juin 2020, devant des milliers de jeunes sympathisants, Imam Dicko a tenu à préciser que la politique ne l’intéresse pas et que sa mosquée qu’il dirige depuis 40 ans lui suffit. Mais, il s’est engagé pour restaurer l’État de Droit, la dignité et l’honneur du Mali. Car, il estime que les Maliens sont fatigués. Là, son discours rappelle celui de Kéba Mbaye qui disait : «Les sénégalais sont fatigués». Cette conclusion est aussi valable dans ce Sénégal de 2020.

Aujourd’hui, le Président Macky Sall doit beaucoup apprendre de ce qui se déroule au Mali et qui peut faire tâche d’huile au Sénégal, pays qui compte des religieux aussi engagés que l’imam Dicko.

Macky Sall doit être à l’écoute de son peuple pour éviter d’entraîner le pays dans une impasse aux retombées insoupçonnées. Le Sénégal nage dans un calme trompeur, d’où pourrait jaillir des tourbillons politiquement et socialement dangereux pour sa stabilité. Monsieur le Président, vous ne devez pas prêter l’oreille à ces thuriféraires qui vous disent : «Monsieur le Président, tout va bien !». Ils vous trompent, les Sénégalais souffrent !

Dans leurs slogans contestataires, les Maliens utilisent les mêmes expressions de propagande que les Sénégalais. Ils ont les mêmes comportements dans les réseaux sociaux, face aux événements politiques, parce que partageant la même histoire. Cela donne l’impression que le Sénégal et le Mali sont dans la même situation et que les deux peuples ont les mêmes difficultés… Sur le plan social surtout.

Tout ce qui se passe au Mali touchera directement ou indirectement le Sénégal. Et en partie, la sécurité intérieure du Sénégal dépend de celui du Mali.

Il ne faudrait pas que le Président Macky Sall attende que le vent de la contestation malienne traverse nos frontières pour atterrir à la Place de l’Indépendance ou à la Place de l’Obélisque pour réagir. Ce serait trop tard ! Le Président Sall doit agir tout de suite, en apportant les corrections nécessaires pour ressusciter l’espoir du peuple sénégalais, aujourd’hui en souffrance.

Macky Sall doit poser des actes forts pour inscrire son nom dans l’annale de l’Histoire du Sénégal, en restant collé aux préoccupations de son peuple. Les nombreuses manifestations des jeunes à Touba, à Tivaouane, à Kaffrine, à Kaolack, à Dakar (voir ailleurs) pourraient être la brise qui annonce l’averse dévastatrice.

Ce cycle de révolution qui, de nos jours, secoue le régime d’IBK a ravagé le pouvoir de Bouteflika, en Algérie, mais aussi celui de Blaise Compaoré, au Burkina Faso, et il menace ceux d’Alpha Condé, en Guinée, d’Amadou Barro, en Gambie, d’Alassane Ouattara, en Côte d’Ivoire et de Emballo, en Guinée-Bissau. Macky doit alors apprendre des événements en cours au Mali, pour réajuster sa gouvernance.

 

Extrait d’une contribution de Mamadou Mouth BANE

*Le titre est de la rédaction


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