Nucléaire ; l’Iran a dépassé la limite de l’enrichissement d’uranium prévue par l’accord de 2015

Téhéran avait annoncé dimanche avoir commencé à enrichir ce minerai à un degré supérieur à la limite de 3,67 % imposée par l’accord international.

L’Iran enrichit, depuis lundi 8 juillet au matin, de l’uranium à plus de 4,5 %, a rapporté l’agence semi-officielle iranienne ISNA, en citant le porte-parole de l’organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA). « Ce matin, l’Iran a passé le seuil de 4,5 % pour l’enrichissement de l’uranium », écrit l’ISNA. « Ce degré de pureté est parfaitement suffisant pour les besoins du pays en combustible pour centrale nucléaire », a précisé Behrouz Kamalvandi, le porte-parole de l’OIEA.

Téhéran avait déjà annoncé, dimanche, avoir commencé à enrichir ce minerai à un degré supérieur à la limite de 3,67 % imposée par l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

Lire notre analyse: La stratégie du dérapage contrôlé de l’Iran sur le nucléaire

La décision iranienne a suscité des réactions inquiètes à travers le monde. Lundi, l’Union européenne a appelé l’Iran à cesser ses activités d’enrichissement. Le même jour, la Russie a appelé à poursuivre le dialogue et les efforts diplomatiques en direction de la République islamique. « La Russie et le président Vladimir Poutine avaient averti des conséquences qui viendraient inévitablement si l’un des Etats faisant partie de l’accord venait à mettre fin à ses obligations en se retirant. Nous constatons aujourd’hui avec regret ces conséquences », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, accusant les Etats-Unis d’être responsables des tensions actuelles.

Téhéran s’était engagé par ce texte à ne pas chercher à acquérir la bombe atomique et avait accepté de réduire drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée de sanctions internationales asphyxiant son économie. Mais le rétablissement des sanctions américaines a eu pour effet d’isoler presque totalement l’Iran du système financier international et de lui faire perdre la quasi-totalité de ses acheteurs de pétrole. Ce nouveau développement survient sur fond de tensions exacerbées entre Washington et Téhéran et fait craindre un embrasement dans la région du Golfe.

C’est par ailleurs dans ce contexte qu’est intervenu jeudi l’arraisonnement par les autorités britanniques d’un navire-citerne iranien au large de Gibraltar. Lundi, le ministre iranien de la défense, Amir Hatami, a déclaré que cette opération relevait selon Téhéran d’une forme de piraterie maritime et qu’elle « ne restera pas sans réponse ». Le navire est soupçonné d’avoir voulu livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions européenne, ce que la République islamique nie.

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