PARIS : La brigade des mineurs saisie pour “pénétration digitale” sur une élève de la maternelle

Une petite fille aurait subi une “pénétration digitale” dans la cour de son école maternelle du XIIIe arrondissement de Paris.

Une affaire d’attouchements sur mineur a éclaté au grand jour après le dépôt d’une main courante, en début de semaine, au commissariat du XIIIe arrondissement de Paris. Mi-septembre, une fillette de 4 ans aurait été victime d’attouchements sexuels, révèle Le Parisien. Les faits auraient eu lieu dans la cour d’une école maternelle du même arrondissement où est scolarisée la petite fille.

Trois camarades du même âge l’aurait isolée sous une structure de jeu avant de lui retirer ses vêtements et de lui infliger une “pénétration digitale”. L’année précédente, cette même fillette aurait déjà été victime de tels abus, commis par deux autres camarades de classe.

Un même enfant mis en cause pour des faits similaires

Mais il existe un problème, et de taille : ce n’est pas la première fois que l’école est confrontée à telle situation, nous confirme ce jeudi le rectorat de l’Académie de Paris. A la suite de cette dénonciation, les parents d’un autre élève se sont manifestés auprès de la ligne téléphonique contre le harcèlement scolaire mise en place par le ministère de l’Education.

Ils affirment que leur enfant aurait subi des faits similaires l’an passé. Et l’un des camarades mis en cause par l’élève serait le même que celui dénoncé par la fillette mi-septembre. Ces derniers n’ont, à notre connaissance, pas déposé de plainte à ce jour.

Ces dénonciations inquiètent autant les parents d’élèves que la communauté éducative et municipale. Jérôme Coumet, le maire socialiste du 13e arrondissement de Paris, a assuré auprès du Parisien qu’une réunion devait prochainement avoir lieu dans l’école, avec des membres de la municipalité, ainsi qu’un pédopsychiatre, afin de “mettre les mots de professionnels sur ce qu’il s’est produit”.

Il faudra également déterminer les responsabilités de chacun. L’auteur de la main courante dénonçant le “viol” du 18 septembre assure que lorsque la directrice, qui a pris ses fonctions dans l’école à la rentrée, a été prévenue par les parents de la fillette, elle se serait opposée à ce qu’ils déposent plainte. Une assertion que nie le rectorat. “Au contraire, elle leur a conseillé de le faire s’ils l’estimaient nécessaire”. “Depuis ces faits, la consigne a été donnée à l’équipe éducative d’être plus vigilante”, explique-t-on aussi à l’Académie de Paris.

Les enfants fréquentent toujours la même école

Comme le veut la procédure, une inspectrice a été saisie et a fait remonter ce signalement auprès de la cellule de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) du 75, une instance départementale chargée “du recueil et du traitement des alertes données sur des situations d’enfants en danger”, nous informe-t-on également. Cette dernière peut notamment saisir le parquet sur certains faits pouvant relever d’une qualification pénale.

Puis, le 4 octobre, cette inspectrice a rencontré les parents de la fillette et un psychiatre scolaire a été mis à disposition pour tous les parents et élèves de l’école. Depuis, selon nos informations, la fillette et ses camarades désignés comme agresseurs fréquentent toujours la même école. Les parents de l’enfant n’ont pas demandé à ce qu’elle soit déscolarisée et aucune mesure d’éloignement n’est prévue. “C’est difficile de mettre cela en place dans une école, notamment au moment de la récréation”, nous souffle une source académique.

“La fillette est retournée à l’école, mais pas sûre qu’elle puisse y rester longtemps. Ce brouhaha autour de l’affaire n’aide pas au bien-être des enfants”, commente de son côté une déléguée des parents d’élèves, selon qui sa famille est “très éprouvée”.

Pour la psychiatre, Muriel Salmona, également présidente de l’association “mémoire traumatique et victimologie”, tous les enfants impliqués devraient être séparés au plus vite. “La fillette va revoir ceux qu’elle estime être ses agresseurs, ce qui risque de générer chez elle un état de stress post-traumatique, qui peut la rendre anesthésiée émotionnellement”, explique la spécialiste. “On doit les séparer et savoir ce qui s’est passé”.

“Les agresseurs sont aussi des enfants en danger”

Il faut protéger et soigner la petite fille de quatre ans, insiste-t-elle, car “il existe un impact psycho-traumatique très important à cet âge-là”, mais aussi prendre en charge ses camarades impliqués, qui auraient pu succomber à “un phénomène d’entraînement”. Et en premier lieu s’inquiéter pour l’enfant mis en cause à deux reprises, signe selon elle d’un potentiel “comportement de reproduction”. “Il faut se préoccuper de ce qu’a pu vivre ou subir un enfant qui commet de telles violences. Ce n’est pas parce qu’un enfant ne peut être, à cet âge, considéré comme responsable, ni mettre de mots sur ce qu’il fait, qu’il n’a pas conscience de la gravité et de la cruauté de l’acte. Il faut le protéger de lui-même. Les agresseurs sont aussi des enfants en danger”, s’alarme Muriel Salmona.

Si aucune poursuite pénale, ni aucune mesure éducative n’est envisageable contre des enfants aussi jeunes, la psychiatre préconise, dans telle situation, un dépôt de plainte systématique. “Cela peut mener à une action en responsabilité civile, afin de demander une réparation et d’obtenir un statut de victime”.

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