Qui l’aurait cru ? Donald Trump choisit un africain musulman pour coordonner les recherches sur la production d’un vaccin contre la COVID-19

La Maison Blanche a sélectionné le marocain Dr Moncef Slaoui pour diriger le projet de vaccin « Warp Speed » après avoir interviewé quatre autres candidats dont l’algérien Elias Zerhouni, a rapporté CNN qui cite un haut responsable de l’administration Trump.

CNN rappelle que Dr Slaoui est un familier du domaine puisqu’il siège au conseil d’administration de plusieurs sociétés de recherche de vaccin contre le coronavirus, dont Moderna, postes qu’il quittera pour se consacrer entièrement à sa nouvelle responsabilité.

Les scientifiques, qui font partie du projet de vaccin contre le coronavirus de l’administration Trump, ont identifié 14 vaccins sur lesquels ils se concentrent, selon un haut responsable de l’administration, ajoutant qu’ils s’attendent à ce que 6 à 8 des vaccins testés parviendront aux stades d’essais.

Selon CNN, les responsables espèrent que 3 à 4 vaccins pourront passer les tests finaux et être disponibles.

Un haut responsable de l’administration ayant une expertise dans le développement de vaccins a déclaré à CNN que le gouvernement pourrait atteindre des centaines de millions de doses d’un vaccin contre le coronavirus d’ici la fin de l’année en prenant un gros risque financier.

Qui est Moncef Slaoui

Né en 1959 à Agadir (Maroc, à 600 km au sud de la capitale), Moncef Slaoui a eu son bac à en 1976 à l’âge de 17 ans a avant de s’envoler en Europe pour des études de médecine, précisément en France puis en Belgique. Sa vocation pour la médecine vient sans doute d’une tragédie vécue dans son enfance. Sa soeur meurt de la coqueluche ainsi que le rapporte la RTBF.

Inscrit à l’Université Libre de Belgique (ULB), il décroche un doctorat en immunologie et en biologie moléculaire et réalise un post-doctorat dans plusieurs universités américaines. En 1985, le chercheur marocain revient à l’ULB y enseigner l’immunologie à l’ULB et à l’Université de Mons. Son parcours prend une inflexion vers le privé. Le scientifique intègre Smithkline Rit (ancêtre de GSK bio, à Rixensart) où il développe des vaccins viraux. En 2016, il était l’une des cinquante personnalités qui changent le monde selon le magazine “Fortune”, rappelle l’Echo.

Citoyen marocain mais aussi belge par son mariage et américain (de Philadelphie) par adoption, Moncef Slaoui incarne le “brain drain”, cette fuite des cerveaux qui n’est pas, finalement, à y regarder de près, à considérer sous le seule angle de la perte pour les pays d’origine. Les meilleurs cerveaux du continent, au même titre que ceux de la France, de l’Allemagne (l’on se rappelle du cas d’Albert Einstein) ou de l’Asie sont attirés par des systèmes plus organisés et des pays aux possibilités immenses qui ont construit leurs puissances sur l’intégration des talents grâce à une citoyenneté ouverte et non un à un nationalisme de souche qui vaut que Alassane Ouattara n’est pas encore ivoirien.

Que Donald Trump, le chantre de “l’America First”, choisisse un africain par l’origine, musulman de surcroît, en dit long sur la force de ce pays dans la compétition mondiale pour attirer les idées et les talents. L’ex numéro 2 du géant pharmaceutique GSK s’est dit optimiste pour réussir sa mission afin de trouver, non pas un vaccin, mais un bon vaccin. Le Maroc et l’Afrique s’en félicitent au même titre que la Belgique.


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