Pour la restitution du patrimoine africain pillé, Macron nomme les experts sénégalais Felwine Sarr et Française Bénédicte Savoy

Le président français, Emmanuel Macron, a confié à deux experts culturels, lundi 5 mars, la mission d’étudier la restitution à des pays africains d’œuvres d’art actuellement en France, comme il s’y était engagé dans son discours de Ouagadougou fin novembre 2017. Ces deux « personnalités incontestables », l’historienne d’art Bénédicte Savoy, membre du Collège de France, et l’écrivain et universitaire sénégalais Felwine Sarr, devront rendre leur avis d’ici à novembre, a précisé le président à l’issue d’un entretien avec son homologue du Bénin, Patrice Talon, à l’Elysée.

Profitant de la visite à Paris du président béninois Patrice Talon, le chef de l’État français, Emmanuel Macron, a annoncé la nomination de deux « personnalités incontestables » pour délivrer leur avis d’ici novembre sur la question de la restitution des œuvres d’art. Il s’agit de l’historienne d’art Bénédicte Savoy, membre du Collège de France, et de l’écrivain et universitaire sénégalais Felwine Sarr.

Emmanuel Macron avait créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l’Ouest, en novembre 2017, en déclarant vouloir « un retour du patrimoine africain à l’Afrique »« Le patrimoine africain […] doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou […] Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique », avait-il dit dans son discours à l’université de Ouagadougou.

Ses propos avaient été particulièrement bien reçus au Bénin, dont le président, Patrice Talon, a fait la demande officielle d’une restitution d’une partie du patrimoine béninois en juillet 2016. « Ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir présenter ce patrimoine qui est le nôtre, a expliqué lundi M. Talon. Nous le faisons non pas dans un esprit de conflit, mais de coopération avec la France pour faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise. »

Un enjeu de culture et de droit

Ces efforts n’ont pas été vains. La déclaration d’Emmanuel Macron répond clairement à la demande formulée. Comme l’indiquait Aminata Traoré, ancienne ministre malienne de la culture, plus de 90 % des biens culturels de l’Afrique sont en dehors de l’Afrique. Nicolas Sarkozy avait affirmé que l’homme africain « n’est pas assez entré dans l’histoire », il aurait dû dire : « Nous avons volé l’histoire de l’homme africain », ce qui n’est pas la même chose. Redisons-le clairement : le dialogue interculturel ne peut pas se fonder sur le pillage interculturel.

Les Ateliers de la Pensée, Dakar, 2016. ©  Photo Antoine Tempé

Ils devront notamment examiner les conditions dans lesquelles ces œuvres pourront être rapatriées puis protégées dans leurs pays d’origine. « Nous avons la volonté ferme de bien faire les choses », a dit M. Macron. Précision : ces restitutions imposeraient de changer la loi française en raison des principes juridiques « d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité (…) des collections publiques ».

GERMANY-FRANCE-ART-MUSEUM-NAPOLEON ©  PATRIK STOLLARZ / AFP

Ouagadougou, un tournant sur les œuvres d’art

Emmanuel Macron avait créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l’Ouest en novembre en déclarant vouloir « un retour du patrimoine africain à l’Afrique ». « Le patrimoine africain (…) doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou (…) Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique », avait-il dit dans son discours à l’université de Ouagadougou. Ses propos avaient été particulièrement bien reçus au Bénin, dont le président Patrice Talon a fait la demande officielle d’une restitution d’une partie du patrimoine béninois en juillet 2016.

FRANCE-BENIN-DIPLOMACY-POLITICS ©  ETIENNE LAURENT / POOL / AFP

Le Bénin et l’Afrique acquiescent

« Ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir présenter ce patrimoine qui est le nôtre », a expliqué lundi M. Talon. « Nous le faisons non pas dans un esprit de conflit, mais de coopération avec la France », notamment pour « faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise ». Selon Irénée Zevounou, ambassadrice du Bénin à l’Unesco, « 4 500 à 6 000 objets (béninois) sont en France, y compris dans des collections privées ». L’accaparement des trésors du royaume du Dahomey – trônes royaux, récades (sceptres royaux), portes sacrées du palais d’Abomey, statues anthropomorphes… – s’était fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi par des missionnaires ou des missions culturelles.

Source : lemonde et le lepoint

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