Révélation fracassante du jihadiste franco-sénégalais Omar Diaby à France 24

France 24 révèle que des jihadistes français sont actifs dans la bataille d’Idleb contre le régime syrien. Ils obéissent sur place aux ordres du recruteur de jihadistes français Omar Omsen, qui revendique son indépendance par rapport à l’organisation État islamique et Al-Qaïda.

Depuis la Syrie où il dirige un groupe « indépendant » de jihadistes étrangers, il a accordé un entretien de deux heures de temps à Wassim Nasr, journaliste à France 24, spécialiste des mouvements jihadistes.

Au cours de leur discussion via Skype, l’homme qui a été à l’origine du départ de plusieurs jeunes français pour la Syrie et dont le fils est aperçu au front dans une vidéo diffusée par France 24, a fait des révélations sur les velléités des autorités sénégalaises de le faire revenir.

Selon Wassim Nasr, Omar Diaby lui a confié que des officiels sénégalais sont entrés en contact avec lui pour lui proposer de rentrer au Sénégal.

Le jihadiste passé au Sénégal avant de rejoindre la Syrie où il tient un camp non loin de la frontière turco-syrienne, de faire savoir au journaliste qu’il n’est pas intéressé par l’offre du Sénégal. « Il m’a dit qu’il veut mourir arme à la main », rapporte Wassim Nasr.

Pourquoi le Sénégal voudrait-il « appâter » Omar Omsen ? La question reste entière.

Mais tout porte à croire que de grandes puissances seraient à la manœuvre. Ce serait aussi un grand coup pour le Sénégal qui occupe la première ligne dans la lutte contre le terrorisme même s’il est à ce jour, épargné par les jihadistes.

Dans leur discussion, affirme l’auteur de « Etat islamique : le fait accompli », le franco-sénégalais a reconnu avoir rencontré l’Imam Alioune Ndao lors d’un séjour au Sénégal, sans préciser la date.

Selon Wassim Nasr, Omar Diaby s’est dit très surpris d’avoir appris que le religieux de Kaolack a arrêté dans le cadre d’une opération antiterroriste déclenchée en 2015 et jugé pour des faits liés au terrorisme. « Quand l’imam a été libéré je me suis dit al-Hamdoullilal car il n’était pas du tout dans cette voie de jihad », a confié Omar Diaby au journaliste de France24.

Dans son argumentaire, le jihadiste franco-sénégalais affirme que l’imam Ndao qui a écopé de trois mois avec sursis pour détention d’armes sans autorisation administrative, l’a découragé lorsqu’il lui a exposé son projet de jihad en Syrie.

Avant Omar Diaby, Saliou Ndiaye a eu le même témoignage à l’égard de l’Imam de Ngane Extension. Candidat à la « hijra » (s’installer en terre d’islam) en Afghanistan, il a affirmé lors du plus grand procès pour terrorisme que le Sénégal n’ait jamais connu, « Baye Zale » a reconnu avoir été dissuadé par l’Imam Ndao lors qu’il a voulu se rendre en Afghanistan.

Ayant été en contact avec Omsen alors que ce dernier séjournait au Sénégal, c’est donc lui que l’Imam Aliou Ndao a appelé pour le mettre en garde contre Diaby qui, selon les termes du religieux, est un « Khariji » (égaré). Un conseil que Saliou Ndiaye n’a pas suivi puisqu’il a tenté de rallier la Syrie. La Turquie lui a refusé le visa.

Avec Wassim Nasr, Diaby a nié se battre à Idlib pour la Turquie, en conflit ouvert avec Bachar al Assad. A la tête de « Firqatoul Ghuraba » (la brigade des étrangers) qui a un temps fait allégeance à Al Qaida, Omar Omsen ne se revendique d’aucun groupe. Il travaille pour son compte et s’est inscrit dans une logique de consolider son installation en Syrie qui entre dans sa 7e année. Pour ce faire, rapporte Wassim Nasr, Omar Diaby est resté en dehors des guerres intestines qui ont miné la rébellion Syrienne.

Par ailleurs, le jihadiste a condamné les attentats menés par l’Etat islamique en France et dit ne pas avoir de projet d’attentat à l’Etranger. Toutefois, il légitime la tuerie de Charlie Hebdo perpétrée par deux jihadistes français liés à Al Qaida dans la péninsule arabique (AQPA).


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