Sénégal : Réactions après que la DSCOS ait détruit une maison appartenant à Abdoulaye Sylla, patron d’ECOTRA

Abdoulaye Sylla, patron de la société ECOTRA qui a engrangé une part importante des marchés du TER de Dakar est aujourd’hui au centre d’un litige immobilier à Saly. La DSCOS a en effet détruit sa Résidence des Mangroves située à Saly. Aujourd’hui, une pléthore d’avocats est montée au créneau pour défendre l’homme d’affaire “accusé” proche de la première Dame du Sénégal. 

Les faits tels que rapportés par la presse

Le 14 Mai passé, la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos) est passé à l’acte, hier, en rasant les deux étages supplémentaires, construits en toute illégalité par Abdoulaye Sylla dans sa villa sise au « Village Mangrove » de Saly. Mais auparavant, il a fallu qu’Abdou Karim Fofana mette son collègue des Forces armées devant ses responsabilités .

Le bras de fer entre Abdoulaye Sylla, propriétaire de la villa n°1 de la résidence «Village Mangrove» de Saly Portudal, et le Syndic avait atterri sur la table du ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique. Le ministre Abdou Karim Fofana a saisi son collègue des Forces Armées Me Sidiki Kaba pour que la Dscos démolisse toutes les constructions édifiées sur le site. On reproche à Abdoulaye Sylla, patron d’Ecotra, d’avoir violé le Code de l’Urbanisme et le règlement de copropriété de la résidence. Ce dernier a aussi porté plainte contre le Commandant de la Dscos de Mbour pour violation de domicile.

Une descente le 14 mai au «Village mangrove» de Saly avait permis au DSCOS de raser les constructions et modifications irrégulières sur l’architecture initiale de la villa. En effet, il ressort du document que l’intéressé a, d’une part, augmenté la superficie de la villa avec des aménagements non autorisés et, d’autre part, construit deux étages supplémentaires qualifiés de « sévères troubles au voisinage ».

Le verdict de Karim Fofana est sans appel : «toutes ces modifications violent les dispositions combinées du décret numéro 2009-1450 du 30 décembre 2009 portant partie réglementaire du Code de l’urbanisme et de l’article 11 du règlement de copropriété de la résidence qui dispose qu’ «aucun propriétaire ne peut édifier sur les parties privatives, des constructions qui affectent les parties communes ou la destination de la résidence telle que prévue dans le règlement de copropriété sauf autorisation expresse du syndic, ni établir un objet sur un lot qui serait un obstacle au droit de vue d’un copropriétaire. Malgré les sommations du syndic et du chef de service départemental, monsieur Sylla poursuivait ses travaux au mépris de toutes les normes urbanistiques ».

« Pis, cette situation illégale est la cause du désordre noté dans la zone où certains voisins de celui-ci, estimant être victimes d’une rupture d’égalité de traitement, veulent entreprendre des travaux en méconnaissance des injonctions du service départemental de l’Urbanisme », poursuit Karim Fofana à l’attention de son collègue. « Au regard de ce qui précède, je vous saurais gré des dispositions qu’il vous plaira de faire prendre pour que la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos) puisse procéder à la démolition de toutes les constructions édifiées sur le site en violation de la réglementation », assène-t-il.

“Libération” révèle que la Dscos, qui a débarqué avec tout un escadron de la gendarmerie, venu en renfort, avait convoqué le patron d’Ecotra qui n’a pas déféré à leur convocation. La descente de la Dscos n’est pas inaperçue puisqu’il y avait, sur place, un important dispositif prêt à faire face surtout que, dans une lettre adressée le 5 mai à sa tutelle, son patron écrivait, comme le révélait “L’As”, que « la situation pourrait dégénérer à tout moment », indexant des nervis qu’aurait recruté Abdoulaye Sylla.

Pour en arriver là, il faut signaler que le ministre de l’Urbanisme en personne est monté au créneau afin de mettre son collègue des Forces armées devant ses responsabilités. Déjà que le Président Macky Sall avait été outré qu’on recueille son avis sur cette affaire, alors que des constructions irrégulières étaient démolies tous les jours. « Pourquoi demander mon autorisation pour faire respecter la loi, si quelqu’un est dans l’illégalité ? », avait-il lancé dans tous ses états, après avoir pris connaissance du dossier.

En effet, par courrier en date du 6 mai 2020, dont “Libération” a pris connaissance, le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, n’avait pas mâché ses mots en s’adressant à Me Sidiki Kaba.« Il m’a été donné de constater dans le rapport que le chef du service départemental de l’Urbanisme de Mbour m’a transmis, que monsieur Abdoulaye Sylla, propriétaire de la villa numéro 1 dans la résidence dénommée «Village Mangrove », à Saly Portudal, a entrepris des travaux de construction et de modification irrégulières sur l’architecture initiale de la villa. En effet, il ressort du document que l’intéressé a, d’une part, augmenté la superficie de la villa avec des aménagements non autorisés et, d’autre part, construit deux étages supplémentaires, qualifiés de sévères troubles au voisinage ».

Des tenors du barreau pour défendre le Boss d’ECOTRA

« Me Baboucar Cissé a accepté de nous rejoindre comme d’autres : Mes Assane Dioma Ndiaye, Seyni Dione, Aly Fall et Demba Ciré Bathily, qui est le coordinateur », a détaillé Me El Hadj Diouf lors d’un point-presse tenu hier, en présence des membres du collectif.

Cette annonce a pour but de mettre la pression sur l’autorité après la démolition d’une partie de la Résidence Mangrove à Saly sur instruction, selon le collectif d’avocats, du ministre des Forces armées, Sidiki Kaba, qui a été sollicité par son collège de l’Urbanisme et de l’Habitat, Abdou Karim Fofana.

« Fort curieusement, ces faits ont été coordonnés avec une campagne de presse visant à dépeindre Monsieur Abdoulaye Sylla comme quelqu’un qui se serait mis au-dessus des lois au point que le Ministre de l’Urbanisme serait intervenu auprès du Ministre des Forces Armées pour qu’il instruise la DSCOS de procéder à la destruction», déplorent les avocats du patron de la société Ecotra, ayant déposé plainte contre les auteurs de la démolition.

Ils justifient leur décision de défendre le milliardaire Abdoulaye Sylla par le fait que « les faits ont été relatés à l’opinion comme une humiliation de sa personne par la destruction de sa résidence ». Les conseils estiment qu’il a toujours accepté de se soumettre aux institutions et aux lois et règlements de son pays.

L’équipe juridique composée a tenu à préciser que « les faits de défiance envers l’autorité rapportés sont inexacts » . « La DSCOS a agi alors que le contentieux dont il s’agit et qui oppose notre mandant au syndic de la copropriété est en instance d’être jugé contradictoirement et dans la plus grande sérénité par le Tribunal de Grande Instance de Mbour », lit-on dans leur déclaration lue par Me Diouf.

« En conséquence, le collectif des avocats prend l’opinion nationale à témoin de ce qu’elle entend user de toutes les voies de droit appropriées afin que justice soit rétablie et que de tels actes ne se reproduisent plus au détriment des citoyens » .


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1 COMMENTAIRE

  1. le seul commentaire qui vaille est; a-t-il respecté les règles? a-t’il enfreint la loi? Si oui quelles sont les conséquences prévues? Que le nommé Sylla soit milliardaire ou pas ne doit nullement importer, dans un État de Droit.Point. 1000 avocats n’y changeront rien.
    J’adorerai que ces ténors du barreau se mobilisent autant pour les voleurs de poules. c’est vrai du fond de leur cachot de Reubeuss, ils auraient un tout…petit mal a payer.Peut être avec les…œufs de poule.

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