Serge Korber : « Je suis tombé sous le charme de Louis de Funès »

Le cinéaste, âgé de 87 ans, est venu à La Rochelle pour la rétrospective consacrée à l’acteur, avec qui il a tourné notamment « L’Homme-Orchestre ».

On ne sait plus qui est Serge Korber, cinéaste déconcertant au parcours en dents de scie. Agé de 83 ans, il est venu au festival de La Rochelle pour accompagner L’Homme-Orchestre (1970)l’un des films les plus atypiques de la carrière de Louis de Funès, avec Sur un arbre perché (1971), dont il se trouve être également l’auteur. On découvre en cet homme une ligne de vie hasardeuse et extravagante. Serge Korber égrène les miracles comme d’autres les banalités, évoquant une réalité à ce point arrangeante qu’on pourrait parfois la croire arrangée. Le charme équivoque d’une époque cinématographique révolue.

Qu’est-ce qui vous a conduit au cinéma ?

Ma mère, tous les jeudis, au cinéma Jeanne d’Arc, boulevard Saint-Marcel, à Paris. L’affiche importe peu, c’est un délice à chaque fois. Sinon, je suis autodidacte. Enfant caché durant la guerre au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), je reprends une scolarité normale à l’âge de 10 ans, et je l’arrête à 14 parce que dans un foyer de 9 enfants et avec un père cordonnier, il faut se mettre au boulot. Plus tard, j’ouvre, avec une bande d’amis, un cabaret à la Contrescarpe à Paris, Le Cheval d’or. Bruno Coquatrix m’y remarque, et m’engage comme homme à tout faire à l’Olympia. J’y tourne bientôt un petit film pour introduire sur scène Jean-Marie Proslier qui a son petit succès. Jacques Tati, qui l’a vu, m’approche pour que je participe au spectacle qu’il met en scène à l’Olympia à partir de son film Jour de fête (1949).

Votre vie ressemble à un écheveau miraculeux. Et le cinéma là-dedans ?

J’y viens. C’est encore une histoire de rencontres. Dans les années 1950, je fréquente assidûment la Cinémathèque française, je deviens rapidement copain avec Truffaut et Chabrol. Truffaut m’engage plus tard dans sa maison de production, Les Films du Carrosse, comme assistant-réalisateur, puis me présente au producteur Pierre Braunberger, qui accepte de produire mes courts-métrages. Arrive évidemment le jour où il refuse. Alors que je 

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