Umm Sayyaf, la veuve d’un responsable de Daech a aidé la CIA à traquer Baghdadi

C’est au domicile d’Umm Sayyaf et de son mari, Abou Sayyaf, que le leader de l’État islamique venait enregistrer plusieurs de ses messages de propagande. Incarcérée en Irak et condamnée à mort, la jeune femme de 29 ans a confié au Guardian qu’elle a dévoilé des secrets de l’organisation djihadiste aux services américains.

Elle était l’une des femmes les plus influentes de l’État islamique (aussi appelé Daech). Désormais aux mains des autorités irakiennes, Nisrine Assad Ibrahim, plus connue sous le nom d’Umm Sayyaf, aurait aidé la CIA (l’agence de renseignement américaine) dans sa traque du leader djihadiste Abou Bakr al-Baghdadi, toujours en fuite, selon des informations du Guardian . C’est notamment ce qu’a confirmé cette jeune femme de 29 ans lors de sa première interview depuis sa capture il y a quatre ans en Syrie.

Connu en Occident pour avoir été chargée de recruter des femmes et d’organiser l’esclavagisme sexuel dans le «califat», Umm Sayyaf, la femme d’Abou Sayyaf – un haut dirigeant de Daech tué en mai 2015 lors d’un raid des forces armées américaines -, aurait, selon le quotidien britannique, aidé les renseignements américains et les forces kurdes à dresser une liste des mouvements, des cachettes et des réseaux de al-Baghdadi. En février 2016, elle a ainsi identifié une maison à Mossoul dans laquelle al-Baghdadi aurait séjourné. Finalement, les Américains n’avaient pas mené une frappe contre cette cachette par crainte des victimes civiles dans un quartier densément peuplé. «Je leur ai dit où se trouvait la maison. Je savais qu’il était là parce que c’était l’une des maisons qui lui avaient été fournies et l’un des endroits qu’il aimait le plus», a-t-elle déclaré au Guardian.

Son mariage et son pedigree djihadiste – sa famille faisait partie intégrante de la direction de Daech – lui avaient permis d’être plus proche de al-Baghdadi que presque toutes les autres femmes de l’organisation djihadiste. En tant qu’une des femmes les plus importantes de l’organisation, elle avait parfois accès à des réunions et à des discussions personnelles et était présente à plusieurs reprises lorsque al-Baghdadi a enregistré des messages de propagande audio au domicile qu’elle partageait avec son mari. «Il avait l’habitude de faire cela dans notre salon à Taji (une ville du centre de l’Irak, NDLR)», a-t-elle déclaré. «Mon mari était alors le responsable des médias [de l’État islamique], et al-Baghdadi lui rendait visite fréquemment».

«Je leur ai montré tout ce que je savais»

Le raid de mai 2015 qui a tué son mari, Abou Sayyaf – Fathi Ben Awn Ben Jildi Murad Al Tunisi de son vrai nom -, et dans lequel Umm Sayyaf a été capturé a marqué un tournant dans la guerre contre l’État islamique. Abou Sayyaf avait dirigé des forces qui avaient réquisitionné les installations e production de pétrole en Syrie et utilisé les recettes pour financer la consolidation et l’expansion du groupe terroriste dans l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak. Sa mort a paralysé les flux de trésorerie du groupe terroriste et a ralenti son élan.

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