(AUDIO) – Affaire Idrissa Seck : Le porte Parole du REWMI, Aboudrahmane Diouf réagit

Abdourahmane Diouf : De quelque obédience politique que nous soyons ; de quelque rang social que nous nous réclamions, du Sénégal ou de la Palestine, du Cayor ou du Baol, de la ville ou de la campagne, homme ou femme, noir ou blanc, les musulmans que nous sommes nous prosternons tous vers la Mecque, cinq fois par jour, dans l’espoir d’une rétribution divine impulsée de la Kaaba. C’est immuable ! Et cela fait de nous tous des mecquois éternels ! 

L’actualité politico-religieuse au Sénégal nous place au cœur du débat. Le président de notre parti – le Rewmi –, investi candidat à la prochaine élection présidentielle, a donné un point de vue sur la question Palestine/Israël. Il a partagé sa lecture de certains préceptes de la religion musulmane. Il a été interpellé, c’est le moins que l’on puisse dire. Il est né de sa sortie un certain inconfort communicationnel, chez nos militants et chez les Sénégalais. Ce n’était pas le but recherché. Le sujet débattu est sensible. J’en suis conscient. Par responsabilité, j’aimerais pouvoir partager avec vous mon point de vue, en espérant qu’il sera audible au milieu de la clameur.

Je voudrais, à l’entame, être clair sur deux points :

1. Je suis heureux de vivre dans un pays – le Sénégal – qui exalte le débat d’idées, sur tous les sujets de la vie économique et sociale, y compris la religion, et sous réserve que les dogmes fondamentaux ne soient pas remis en cause. Les principes de notre république, tout autant que la religion musulmane, nous y autorisent ;

2. Je donne à nos chefs religieux, toutes confessions confondues, confrériques et non confrériques, tout le respect qui sied. Ils sont nos guides. Ils sont un pilier central de la régulation sociale au Sénégal. Nous avons besoin d’eux et notre République, quoique laïque, doit les intégrer dans les différents processus de décision.

Sans entrer dans un exercice d’exégèse coranique – ce n’est pas mon rôle -, je constate que le discours d’Idrissa a été appréhendé à la fois dans sa partie fermée – factuelle – et dans sa partie ouverte, qui est susceptible d’interprétations diverses.

En tenant compte des deux points ci-avant évoqués, nous n’engagerons aucune forme de polémique avec les chefs religieux. Mieux, nous avons fini d’intégrer et d’absorber leurs différents points de vue, qui ont été distillés. Nous allons nous en abreuver pour mieux nous ajuster et arriver aux consensus social et religieux dont nous avons besoin. L’interprétation est libre, et les points d’équilibre qu’ils incarnent, disposent de la légitimité de se prononcer sur ces questions cruciales pour notre pays.

Sur la partie factuelle de son discours, nous n’allons pas non plus engager la polémique. Mais pour l’histoire, devant Dieu et devant les hommes, ces faits méritent d’être rappelés et cristallisés.

1. Il n’a jamais été dit que la Mecque n’est pas la direction pour la prière des musulmans ;

2. Même si le terme « Bakka » a été mentionné, il ne l’a jamais été dans le sens de la négation de la prééminence de la Mecque ;

3. Il n’a jamais été dit que les musulmans doivent diriger leurs prières vers Jérusalem ;

4. Il n’a jamais été remis en cause aucun des dogmes de la religion musulmane, tels que nous la pratiquons aujourd’hui au Sénégal.

5. Il n’a jamais été dit, ou suggéré, une quelconque prééminence d’Israël sur la Palestine ;

6. Le terme « bédouin » attribué au Prophète Mouhamed (PSL), non seulement résulte de la perception de quelques contemporains du prophète, mais n’a jamais été utilisé par Idrissa dans une approche péjorative ;

7. Le contexte originel du discours d’Idrissa, conçu à la Mecque où il se trouvait pour la « Oumra », a une valeur probatoire de son attachement à la religion, telle que déclinée par le Coran et la Sounna du prophète, et en parfaite symbiose avec les confréries qui structurent notre Islam au Sénégal.

Si notre ouverture d’esprit sur les interprétations possibles est totale, nous aimerions qu’Idrissa ne soit pas jugé sur ce qu’il n’a pas dit. Nous aimerions que les extrapolations s’assument sans altération du caractère factuel du discours.

A tous ceux qui ont interprété et qui sont arrivés à des conclusions en défaveur de l’Islam, des excuses sincères et humbles ont été présentées. Nous les réitérons ici. Fermement !

A ceux qui n’ont pas compris de bonne foi ; A ceux qui ont trouvé des dysfonctionnements sur la forme du message délivré et/ou qui ont été offensés par quelques subtilités langagières, nous demandons de s’en tenir aux faits rappelés et de nous accorder une excuse de bonne foi.

A tous les autres qui ont choisi l’extrapolation volontaire, sans considérations des faits et sans égards à la sincérité des excuses présentées, nous tenons à rappeler que M. Idrissa Seck est le Président de notre parti, le Rewmi. Il est notre candidat pour l’élection présidentielle du 24 février 2019. Et ensemble, avec lui, nous ferons face !

Nous faisons cap vers 2019 en ayant conscience d’avoir un candidat aguerri, qui a l’expérience de la gestion de l’Etat et qui a une vision qui lui permet de nous placer sur les rampes du développement. Il a bien compris la subtilité des interactions entre les sphères religieuses et politiques dans notre pays. Il a fait face à des difficultés inhérentes à la vie politique, et nous avons la lucidité de savoir qu’il fera face à d’autres obstacles, d’ici l’élection présidentielle. Il en tire les leçons et se bonifie avec le temps, tous les jours. Il est prêt à gouverner. Son dialogue amorcé avec les sénégalais va continuer à se faire sans aucune intermédiation. Nous améliorons les acquis et travaillons sur nos faiblesses. Humblement ! Votre soutien lui sera précieux !

A tous ceux qui croient au Sénégal, au-delà des coteries politiques partisanes, nous réaffirmons notre volonté de bâtir un Sénégal de paix, autour des valeurs de notre pays. Nous voulons rester ancrés dans les principes de la démocratie républicaine, en parfaite symbiose avec le fait religieux consubstantiel à notre culture et à nos modes de vie. Nous voulons construire un Sénégal prospère auprès de points d’équilibre consensuels. La religion en est un point essentiel. Elle le restera !

Notre pays a besoin d’union autour des enjeux fondamentaux. Nous avons la responsabilité de le préserver dans le respect des confessions des uns et des autres. Notre Islam confrérique est une richesse inouïe avec des attributs de régulation sociale et religieuse que l’on enseigne dans aucune université dans le monde. Nous en sommes fiers ! Et si notre engagement politique devrait le remettre en cause, qu’il ne soit pas béni par les sénégalais et par Dieu qui donne le pouvoir à qui il veut !

Nous vous tendons une main fraternelle, ferme, digne, respectueuse, mais sans concessions sur nos valeurs communes.

Mille excuses à vous si ma modeste plume a fourché !

Mille pardons à tous dans ce mois béni de Ramadan !

SENEGAL FIRST !!!!!

Dr El Hadji Abdourahmane DIOUF
Porte-Parole du Parti Rewmi
Coordonnateur de la Cellule des cadres du Parti Rewmi.