(VIDEO) Fusillade aux Comores, trois morts lors de tirs près d’un camp militaire à Moroni

Les Comores secouées par une crise politique, depuis l’annonce de la réélection du président Azali Assoumani le 26 mars. Une fusillade entre les forces de l’ordre et un groupe d’hommes armés a fait trois morts à Moroni, la capitale. Ces tirs ont éclatés après l’arrestation du chef de l’opposition Soilihi Mohamed qui refuse de reconnaître la victoire du président.

Arrivé quatrième du premier tour de la présidentielle, le colonel Soilihi Mohamed, dit « Campagnard », a été interpellé peu de temps après avoir annoncé qu’il prenait la tête d’un « conseil national de transition », dénonçant la réélection à ses yeux frauduleuse du colonel Azali.

Faissoil Abdoussalam, ancien commandant de l’armée, s’est évadé aidé d’un complice. Ils ont tenté de convaincre l’ancien chef d’état-major adjoint de se joindre à leur mission. Mais ce dernier refusant d’attaquer un camp militaire a choisi de rester en prison où il est condamné à purger huit ans fermes.

Selon le ministre de la Défense, le commandant Faissoil évadé s’est écrié : « Je suis le libérateur » lorsqu’il a tiré en l’air dans Moroni pour voler un véhicule de gendarmerie qui l’aidera à entrer dans la caserne.

Le candidat d’opposition Soilihi Mohamed dit « Campagnard » a proclamé ce matin un Conseil national de transition, qu’il préside. « Un conseil national de transition vient d’être mis en place. Nous allons organiser la résistance. Si le scrutin du 24 mars n’est pas invalidé avant le 3 avril, nous vous demandons dès le 4 avril de désobéir civilement. Les hors-la-loi sont ceux qui imposent l’arbitraire et non ceux qui le subissent. » Ce CNT affirme n’avoir rien à voir avec cette tentative de prise d’armes. Il a pour objectif de sortir de la crise postélectorale.

A peine fut-il proclamé que le colonel « Campagnard » a été arrêté à son domicile par la gendarmerie.

Le ministre de l’Intérieur se refuse pour l’instant à faire tout lien entre cette proclamation et la tentative de coup d’Etat de jeudi après-midi dans laquelle le commandant Faissoil fraîchement évadé et un de ses complices ont trouvé la mort.

Résistance

« Nous allons organiser la résistance (…). Le scrutin du 24 mars a été une tromperie, une mascarade et une honte pour la démocratie et la nation toute entière », a-t-il ajouté, appelant la population à ne pas recourir « à la violence ».

Les douze candidats opposés au colonel Azali avaient dénoncé dès dimanche de nombreuses irrégularités dans la tenue du scrutin présidentiel, qualifié de « mascarade ».

Lundi, une centaine de leurs partisans qui protestaient contre la « fraude généralisée » avaient été dispersés dans les rues de Moroni sans ménagement par des tirs de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

Jeudi matin encore, les gendarmes ont dispersés une centaine de femmes issues de la société civile qui voulaient déposer au siège de la Cour suprême, en charge du contentieux électoral, une motion exigeant « l’annulation immédiate de ce scrutin et l’invalidation des résultats annoncés ».

Douze d’entre elles ont été interpellées par les forces de l’ordre puis relâchées à la mi-journée.

L’opposition comorienne a fait savoir qu’elle ne déposerait aucun recours devant la Cour suprême, qu’elle juge inféodée au régime, et exige elle aussi la tenue d’un nouveau scrutin « dans les plus brefs délais ».

Le ministre de l’Intérieur Mohamed Daoudou a balayé toutes les critiques sur la régularité du scrutin et interdit toute manifestation jusqu’à nouvel ordre. « Ce n’est pas la rue qui va diriger le pays », a-t-il promis.

« Je n’ai jamais vu élections plus transparentes dans notre pays », a-t-il ajouté lundi lors d’un entretien à l’AFP.

Jeudi matin, le ministre a ordonné la saisie de La Gazette des Comores, qui a annoncé en « Une » la création prochaine d’un « comité de salut public » de l’opposition, a rapporté à l’AFP un membre de la rédaction du quotidien.

Depuis des mois, l’opposition dénonce la « dictature » du président Azali. Il a dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu’en 2029 et arrêté des dizaines d’opposants.

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