VIDEO – Trump tue un général iranien et met en colère le guide suprême qui promet une “vengeance terrible”

Le Pentagone a confirmé avoir abattu ce responsable militaire pour “protéger le personnel américain à l’étranger”, quelques jours après l’attaque de l’ambassade américaine à Bagdad.

La tension entre Etats-Unis et Iran grimpe encore. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, s’est engagé vendredi 3 janvier à “venger” la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani, tué plus tôt dans un raid américain à Bagdad, en Irak. Il a également décrété un deuil national de trois jours dans son pays. Le département américain de la Défense a confirmé avoir abattu ce responsable militaire et a évoqué une mesure “défensive” prise pour “protéger le personnel américain à l’étranger”.

L’homme-clé de l’influence iranienne au Moyen-Orient.

Le Pentagone a pris soin de souligner que le général Soleimani était le chef des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, une organisation considérée comme terroriste par Washington depuis avril dernier. Le général iranien présidait par ailleurs aux négociations pour former le futur gouvernement irakien.

 Accusé d’être derrière de l’attaque de l’ambassade américaine.

“Le général Soleimani préparait activement des plans pour attaquer des diplomates et des militaires américains en Irak et à travers la région”, indique le Pentagone, qui attribue au puissant général iranien l’attaque survenue cette semaine contre l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Le président n’a pas immédiatement fait de commentaire mais il a tweeté un drapeau américain.

Un contexte brûlant depuis fin octobre

L’Irak va-t-il se transformer en champ de bataille par procuration entre Washington et Téhéran ? Une dizaine d’attaques à la roquette ont en tout cas visé depuis fin octobre des soldats et des diplomates américains, tuant il y a une semaine un sous-traitant américain. Dimanche soir, Washington, qui accuse les factions pro-Iran du Hachd al-Chaabi d’être derrière ces attaques non revendiquées, a répondu en bombardant des bases de l’une d’elles près de la frontière syrienne, faisant 25 morts.

Trump tweete un drapeau américain

Les milices de la MP, dont le convoi a été visé, ont aussi annoncé la mort d’Abou Mahdi Al-Mohandes, leur numéro deux. Cette coalition de paramilitaires a, dans la foulée, accusé les Etats-Unis d’être responsables de ce bombardement. Quelques heures plus tard, le président Donald Trump a publié sur son compte Twitter la simple image d’un drapeau américain, avant que le Pentagone n’indique avoir « tué » le général Soleimani, à la demande de celui qui est aussi commandant en chef des armées.

« J’apprécie l’action courageuse du président Donald Trump contre l’agression iranienne », a rapidement salué sur les réseaux sociaux l’influent sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié du président.

« Le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière, et il doit au peuple américain une explication », a de son côté dénoncé l’ancien vice-président Joe Biden, en lice pour la primaire démocrate en vue de l’élection présidentielle de novembre. « La dangereuse escalade de Trump nous amène plus près d’une autre guerre désastreuse au Moyen-Orient », a dénoncé Bernie Sanders, autre favori de la primaire démocrate.

Pour la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, qui s’est exprimée vendredi, c’est « une escalade dangereuse dans la violence » :

« L’Amérique – et le monde – ne peuvent pas se permettre une escalade des tensions qui atteigne un point de non-retour. »

Appels à la vengeance

En Iran et en Irak, les appels à la vengeance se multiplient. L’Iran et les « nations libres de la région » se vengeront des Etats-Unis, a promis le président Hassan Rohani, dans un communiqué publié sur le site du gouvernement :

« Il n’y a aucun doute sur le fait que la grande nation d’Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l’Amérique criminelle pour cet horrible meurtre. »

Auparavant, le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, avait dénoncé une « escalade extrêmement dangereuse et imprudente »« Les Etats-Unis portent la responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme renégat », ajoute le diplomate.

Côté irakien, le premier ministre démissionnaire, Adel Abdel Mahdi, a estimé que le raid américain allait « déclencher une guerre dévastatrice en Irak », dénonçant « une agression contre l’Irak, son Etat, son gouvernement et son peuple ».

Qaïs Al-Khazali, un commandant de la Mobilisation populaire, a appelé vendredi « tous les combattants » à se « tenir prêts »« car ce qui nous attend, c’est une conquête proche et une grande victoire », a-t-il écrit. Il est le chef d’Asaïb Ahl Al-Haq, une des plus importantes factions de la MP.

Le leader chiite irakien Moqtada Sadr a, pour sa part, donné vendredi l’ordre sur Twitter à ses combattants de l’Armée du Mahdi de se « tenir prêts », réactivant ainsi une milice officiellement dissoute depuis environ une décennie et qui avait semé la terreur dans les rangs des soldats américains en Irak.

Trois jours de deuil national

Le guide suprême iranien a déclaré trois jours de deuil national. Sur son compte Twitter en farsi, l’ayatollah Ali Khamenei appelle à venger la mort du général.

« Le martyre est la récompense de son inlassable travail durant toutes ces années. Si Dieu le veut, son œuvre et son chemin ne s’arrêteront pas là, et une vengeance implacable attend les criminels qui ont empli leurs mains de son sang et de celui des autres martyrs. »

L’Iran a convoqué vendredi un responsable de l’ambassade de Suisse, qui représente les intérêts américains à Téhéran en l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays. Un Conseil de sécurité nationale sera réuni en urgence à Téhéran pour envisager la réponse de l’Iran à cette attaque, alors que les appels à la vengeance se multipliaient, comme celui de l’ancien chef des gardiens de la révolution, Mohsen Rezai. « Soleimani a rejoint nos frères martyrs mais notre revanche sur l’Amérique sera terrible », écrit-il sur Twitter.

De leur côté, les manifestants antipouvoir exultent à Bagdad. Des dizaines d’Irakiens qui conspuent depuis plus de trois mois le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien chantent et dansent vendredi matin sur la place Tahrir de la capitale irakienne, scandant notamment : « Ghassem Soleimani, la victoire divine est arrivée. »


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